Journée mondiale de la douleur

Journée mondiale de la douleur

Plus de 12 millions de Français souffrent de douleur chronique, selon la Société française d'étude et de traitement de la douleur (SFETD). La douleur reste un phénomène complexe, multifactoriel, d'expression très variable d'un patient à l'autre, ce qui le rend difficile à prendre en charge. La douleur chronique est ainsi liée à de nombreuses pathologies, comme la polyarthrite rhumatoïde, la fibromyalgie, la migraine ou le cancer.

Or, chez de nombreux patients, les antalgiques classiques comme l’aspirine, l’ibuprofène et le paracétamol restent inefficaces. Sans compter que ces médicaments ne sont pas anodins pris à forte dose : le paracétamol est par exemple toxique pour le foie. Le mode de distribution est du reste en train d’être revu pour repasser derrière le comptoir en officine. Ils pourraient même présenter des effets similaires à ceux des perturbateurs endocriniens.

Les antidouleurs de niveau 2 (dérivés de la morphine et autre opioïdes) sont quant à eux sous le feu de critiques depuis ces derniers mois. Aux États-Unis, la consommation d'opioïdes a causé plus de 300.000 décès par overdose depuis 2000. Depuis 2017 en France, les médicaments contenant de la codéine sont délivrés uniquement sur ordonnance, car ils sont responsables de dépendance physique.

Le saviez-vous ? La douleur revêt des formes diverses : - La douleur aigüe, de courte durée, disparaît en peu de temps ; - La douleur chronique, qui dure et évolue depuis 3 à 6 mois malgré un traitement antalgique et alors que la cause est parfois disparue ; - La douleur nociceptive, d’origine externe (chaleur, brûlure, coupure, piqûre…) ou interne (inflammation, arthrose…), qui se traite au moyen de médicaments antalgiques ; - La douleur neuropathique, due à un dysfonctionnement du système nerveux ; - La douleur psychogène, liée à un dysfonctionnement du système neuropsychique (trouble émotionnel ou psychiatrique), traitée par des antidépresseurs et des neuroleptiques.

Des avancées dans la compréhension de la douleur

Ces dernières années, les chercheurs ont découvert de nouveaux mécanismes sous-jacents à la douleur. En août 2019, un nouvel organe sensible au stimulus douloureux a été découvert sous la peau.

Dans le cerveau, une cytokine se fixant sur certains récepteurs des neurones sensitifs a été identifiée comme cause des douleurs chroniques. Des chercheurs de l'université de Stanford ont trouvé dans l'amygdale, une paire de noyaux situés à la base du cerveau, des neurones spécifiques qui associent la sensation désagréable au signal de la douleur.

Dans la fibromyalgie, c'est une mutation génétique altérant la production de sérotonine qui pourrait être en cause.

De quoi ouvrir des nouvelles pistes pour le traitement de la douleur. Une étude de 2016 a ainsi montré qu’une trentaine de neurones à peine régulait la libération d’ocytocine dans le cerveau, qui atténue la douleur. Cibler ces neurones précisément permettrait donc de limiter les effets secondaires des traitements analgésiques.

Dans la migraine, un nouveau médicament ciblant un neuropeptide appelé CGRP a récemment fait l’objet de tests cliniques et montré une bonne efficacité… Mais chez la femme seulement. Plus insolite, de nouveaux antidouleurs pourraient également provenir... du venin de serpent ou de poisson.

Sans oublier les thérapies complémentaires, comme le yoga, la sophrologie, la méditation ou les thérapies comportementales.