Fatigue chronique : maladie honteuse ?

 

Si les patients souffrant de fatigue chronique ressentent plus d’anxiété et de détresse, ils ont plutôt tendance à cacher leurs émotions et à taire leurs symptômes et, finalement, à adopter un comportement de fuite ou de déni face au stress, révèle cette étude du king College de Londres.

Des conclusions, présentées dans la revue Health Psychology, qui contribuent à expliquer pourquoi ces patients ne cherchent pas le soutien nécessaire.

  • L’étude a été menée auprès de 160 participants, dont la moitié avaient reçu un diagnostic de fatigue chronique, l’autre moitié était des témoins en bonne santé.
  • Les chercheurs ont analysé et rapproché différents types de données, d’auto-évaluations, d’observation, et des mesures physiologiques recueillies avant, pendant et après le visionnage d’un clip vidéo pénible : la moitié de chaque groupe a été invitée à réprimer ses émotions et l’autre moitié à les exprimer comme elle le souhaitait.
  • Les réactions ont été filmées et évaluées par des observateurs indépendants.
  • La conductance de la peau, un marqueur d’activation du système nerveux sympathique et des niveaux de stress a été mesurée.

 

L’expérience montre que, les participants atteints de syndrome de fatigue chronique rapportent des niveaux d’anxiété plus élevés, plus de tristesse, et la conductance de leur peau évoque des niveaux plus élevés de stress et d’anxiété, vs témoins, et à la fois avant et après le film.

 

 

Un mécanisme de suppression émotionnelle

Les auteurs constatent également, chez les sujets atteints du syndrome de fatigue chronique, mais pas chez les témoins, une tendance au comportement de fuite ou de déni, directement associée aux niveaux de fatigue : les patients atteints du syndrome de fatigue chronique sont conscients que le stress aggrave leurs symptômes, qu'ils sont plus anxieux et plus « en détresse » mais également qu’ils ont tendance à ignorer (ou à fuir/gommer) ces symptômes.

Ainsi, ces participants estiment que l'expression de leurs symptômes est socialement inacceptable et ont donc tendance à les occulter.

Du coup, expliquent les auteurs, ces personnes ne vont pas communiquer sur leurs expériences de symptômes ou sur leur stress, à d'autres personnes.

Et c’est un obstacle de plus pour recevoir le soutien approprié.

 

Il s’agit bien d’une association, à ce stade, et l’étude ne suggère pas de lien de causalité entre la suppression émotionnelle et le syndrome lui-même.

Cependant, ces résultats permettent de mieux « comprendre pourquoi ces patients renoncent à chercher des soins ou un soutien social en période de stress : ils cachent leurs émotions ».

Ils contribuent probablement également à expliquer l’absence encore fréquente de diagnostic de la maladie.

 

bibliographie

  • Health Psychology, 2016; DOI: 10.1037/hea0000341 Emotional Suppression in Chronic Fatigue Syndrome: Experimental Study

     

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