mieux comprendre l'hypnose

Combattre le tabagisme, réduire l’anxiété vis-à-vis de l’accouchement ou avant une opération, diminuer la douleur aigue après une intervention…


L’hypnose est une technique de plus en plus utilisée en médecine et les douleurs chroniques sont une de ses principales indications.

  • En complément des autres traitements (médicaments, kinésithérapie, massages…), l’hypnose médicale encore appelée hypnoanalgésie, va permettre de diminuer votre perception de la douleur ainsi que les symptômes associés comme l’anxiété, la fatigue ou le sommeil et ainsi, améliorer votre qualité de vie.
  • L’hypnose va également vous aider à mobiliser les ressources que vous avez en vous et vous permettre de reprendre le contrôle pour gagner en autonomie face à la maladie.
  • L’hypnose est aujourd’hui une technique très puissante reconnue et validée par de nombreuses sociétés savantes dont l’Académie Nationale de Médecine (ANM), et la Société Française d’Anesthésie et Réanimation (SFAR).


L’hypnose n’est pas prise en charge par la Sécurité sociale mais rien n’interdit à votre médecin de la pratiquer au cours de sa consultation..

Le remboursement au moins partiel reste toutefois possible par l’intermédiaire de votre mutuelle.

qu’est ce que l’hypnose ?

Issu du XVIIIe siècle, le terme hypnose vient du mot grec hupnoein qui signifie endormir.

L’hypnose est un état de conscience modifié permettant de mettre en lien le conscient et l’inconscient.

  • L'hypnose n'a cependant rien à voir avec le sommeil.
  • C’est plutôt à un état d'hyperconcentration détendue où la personne est consciente de tout ce qui est dit et de tout ce qu’il se passe autour de lui.
  • C’est en quelque sorte un phénomène naturel et spontané selon lequel on a la sensation d’être “ailleurs”, “dans la lune” et de rester ainsi “perdu dans ses pensées” pendant un temps plus ou moins long, avec une relative indifférence au monde extérieur.

L’hypnose est aussi une technique à visée thérapeutique qui propose d’amplifier ce phénomène naturel pour pouvoir modifier des sensations, des représentations.

On parle alors d’hypnose médicale ou d’hypnose Ericksonienne.

  • L’inconscient est considéré comme un réservoir de ressources (le patient détient ses propres solutions) et le travail du thérapeute est d’aider la personne à découvrir, au cours de la transe hypnotique, ses ressources inexploitées.
  • Loin des clichés habituels de l’hypnose, la personne en état hypnotique ne perd pas son libre arbitre et n’est pas frappé d’amnésie.
  • Le thérapeute ne soumet pas non plus la personne à ses directives.
  • Au contraire, il  lui permet de retrouver une certaine dynamique en explorant de nouvelles possibilités  qui vont modifier son rapport avec la douleur, avec d’autres symptômes ou plus largement avec son environnement.

comment l’hypnose va m’aider ?

Le but n’est pas de supprimer toutes les douleurs.

L’hypnose aide à gérer sa douleur d’une façon nouvelle, plus constructive et, par là même, d’améliorer sa qualité de vie.

  • Plus concrètement, l’hypnose permet d’agir au niveau de  la perception de la douleur tant sur le plan sensoriel (son impact émotionnel plus que l’intensité) qu’au plan cognitif (moins de pensées négatives, moins d’angoisses, moins de tristesse ou de colère…).
  • Par le lâcher-prise qu’elle engendre, l’hypnose permet aussi d’améliorer le sommeil et ce, de manière assez rapide et pérenne.
  • Enfin, grâce à l'hypnose, la personne va développer de nouvelles ressources qui vont lui permettre de faire face à la douleur, de contrôler des fonctions physiologiques habituellement involontaires (diminution de la pénibilité associée à la douleur, moins de catastrophisme…) tout en étant acteur du changement.

 

comment ça fonctionne ?

De nombreux travaux de neuro-imagerie ont montré qu’une suggestion hypnotique entraîne des modifications dans le fonctionnement du cerveau.

L’étude menée en 1997 par le Pr Stephen Kosslyn, du département de neurologie du Massachusetts General Hospital de Boston est notamment très intéressante.

  • Il a présenté à un groupe de seize personnes une palette de couleurs échelonnées et une palette de dégradés de gris.
  • Les réactions de leur cerveau étaient enregistrées par un tomographe à émission de positrons.
  • Lorsque, sous hypnose, on demandait à chacune de ces personnes de « voir » en couleurs la palette de gris, c’était l’aire occipito-pariétale, l’une des zones de reconnaissance des couleurs, qui était activée : le cerveau avait donc réagi comme s’il voyait de la couleur à la place du gris, ce que demandait la suggestion.


Différents mécanismes pourraient intervenir et globalement, les études montrent que, grâce aux suggestions hypnotiques, l’hypnose va :

  • Activer la capacité auto-analgésiant dont nous disposons tous dans notre cerveau
  • Booster la sécrétion d’endorphines et la diriger vers la partie douloureuse
  • Modifier le signal neuronal arrivant au cerveau
  • Pour finalement, aboutir à un seul résultat : modifier les différentes composantes de la douleur,  sensori-discriminative, émotionnelle et cognitive.



D’autres études montrent aussi que l’hypnose permet aussi de modifier le seuil de sensibilité à la douleur.

comment se déroule une séance ?

Une séance d’hypnose dure en moyenne 45 minutes et comporte 3 grandes étapes :

  • l’induction
  • la dissociation ou confusion
  • l’ouverture.

 

L'induction consiste à hypnotiser le patient en lui proposant de fixer son attention de façon prolongée afin de restreindre le champ de conscience ou de perception.

  • Différents moyens peuvent être utilisés : la vue, l’audition, le toucher l’odorat et le goût.
  • Car chacun de nous appréhende le monde avec un ou plusieurs canaux sensoriels préférentiels : on a une appréhension du monde plutôt Visuelle, plutôt Auditive, plutôt Kinesthésique, plutôt Olfactive ou plutôt Gustative (VAKOG).
  • Et, c’est en portant attention aux éléments de communication utilisés par la personne, ses expressions, les métaphores employées ou encore ce que l’on nomme le non verbal (comportement, gestuelle, postures) que le thérapeute identifiera la tendance ou les préférences de la personne.
  • Et c’est en ajustant sa communication verbale et non verbale aux préférences de la personne que le thérapeute favorisera son adhésion, sa réceptivité aux suggestions et facilitera l’induction.
  • Et, c’est en ajustant sa communication verbale et non verbale aux préférences de la personne que le thérapeute favorisera son adhésion, sa réceptivité aux suggestions et facilitera l’induction.

  • Allongé sur un divan ou assis sur une chaise à côté de lui, le thérapeute invite la personne à se détendre, parle d’une voix douce et monocorde et proposent au patient de se concentrer sur certaines zones du corps, de fixer son attention sur lui-même. Une somnolence peut s’installer.

  • Le thérapeute vérifie l’état de la personne en lui demandant de lever une main ou de croiser les doigts. Si elle répond à la demande, c’est qu’elle se trouve bien en état d’hypnose.

 

La deuxième étape est ce que l'on appelle la dissociation.

  • Aussi nommée confusion, c’est la phase au cours de laquelle la personne est “ici et ailleurs“, qu’il entre dans un mode de perception différent.
  • Elle est coupée de ses perceptions auditives, visuelles et tactiles, son corps est engourdi, immobile, en pause.
  • C’est au cours de cette phase que le praticien peut créer la mise en mouvement, le changement, par l’emploi de métaphores ou suggestions, directes “votre douleur au bras disparaît“ ou indirectes “vous êtes dans un endroit agréable“.

 

La troisième étape est celle du réveil.

  • Encore appelé ouverture, c’est l’étape qui permet de réintroduire la personne dans la vie, d'entrer en relation avec son corps. Quitter son corps pour mieux le retrouver…
  • La fin de la séance, le patient se réveille en douceur au terme d’un compte à rebours, pour retrouver le contrôle de ses muscles et revenir à la réalité sans sensation de malaise. Puis, patient et praticien commentent la séance.

 

L’autohypnose, c’est quoi ?

  • C'est une technique très simple qui consiste à se mettre soi-même dans un état hypnotique et permet de travailler sur soi, de se programmer pour le présent et le futur, de gérer son état (sa douleur, ses émotions ou son stress...), de développer ses qualités et ses savoir faire, etc.
  • En douleur chronique, la pratique de l’autohypnose est centrale et permet souvent de gagner un sentiment de compétence vis a vis de la douleur.
  • Dans un premier temps, le plus important est de mettre au point un “rituel“ qui va amorcer le processus d’induction (séance tous les jours à la même heure, au même endroit, avec le même type de vêtements, etc.) ensuite, d’apprendre à se relaxer.
  • Des guides pratiques et des cassettes audio pourront vous y aider.
  • Vous pouvez aussi enregistrer vos propres messages.

 

l’hypnose, pour qui ?

Dans le champ de la douleur chronique, les indications préférentielles sont :

  • la fibromyalgie
  • les polyarthrites, les lombalgies et les douleurs post-opératoires ou post-traumatiques
  • les douleurs fantômes et les douleurs neuropathiques
  • les céphalées, migraines, névralgies
  • les douleurs en soins palliatifs et en cancérologie

 

qui consulter ?

Le métier “d’hypnothérapeute“ n’existe pas, tout le monde est capable d’hypnotiser à condition de connaître la technique.

Il est cependant préférable de consulter un médecin ou un psychologue pour qui l’hypnose est une méthode qui vient se greffer à la profession d’origine.

Par exemple, un algologue pratiquant l’hypnose n’aura pas la même approche ni les même objectifs qu’un psychologue utilisant l’hypnose quant bien même ils travailleraient de concert autour d’un même patient.

De nombreux centres de prise en charge des douleurs chroniques proposent des consultations d’hypnothérapie. 

Parlez-en avec votre médecin, il saura vous conseiller.

sources

  • J.Guegen. et al. Evaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose. Rapport Inserm. Juin 2015
  • Haanen H.C.M. et al.  Hekster G.B. Controlled trial of hypnotherapy in the treatment of refractory fibromyalgia. The Journal of Rheumatology 1991 ; 18 :1, 72-75.
  • Wilson S. et al. The effectiveness of hypnotherapy in the management of irritable bowel syndrome. Aliment Pharmacol Ther 24, 769-780.

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