mieux comprendre la névralgie du trijumeau

L'algie vasculaire de la face (AVF) ou Cluster Headache est une céphalée (ou mal de tête) extrêmement douloureuse et handicapante qui se manifeste sous forme de crises.

 

  • Durant les périodes de poussée, les crises surviennent 2 à 3 fois par jour, le plus souvent 90 minutes après le début du sommeil.
  • La névralgie du trijumeau (NT) aussi appelée aussi “névralgie faciale“ ou “tic douloureux de la face“ est la plus répandue des douleurs touchant la face.
  • Elle touche principalement la femme après 50 ans et ses symptômes sont très typiques et très évocateurs..
  • La douleur est décrite comme extrêmement intense, pareille à des décharges électriques, un broiement ou à un arrachement, au niveau des lèvres, de la mâchoire, des gencives, des joues, du menton et plus rarement au niveau du front.  
  • Elle est souvent spontanée lors de certaines circonstances (sourire, parler, se moucher, se raser, se brosser les dents, mastiquer les aliments…) ou encore par simple effleurement d’une zone particulière du visage (appelée zone gâchette)
  • Elle se manifeste sous forme de crises à répétition se reproduisant à intervalles rapprochés (une centaine de crises par jour dans les cas les plus graves) avec une atteinte unilatérale, touchant alternativement chaque côté du visage. Une situation qui reste rare.
  • Les périodes douloureuses peuvent s’étendre sur des jours, des semaines, des mois, voire des années.
  • En l'absence de traitement efficace, elle est un handicap sérieux au quotidien et peut parfois mener à la dépression voire au suicide.
  • Son diagnostic est clinique et c’est grâce à l’aspect très particulier de la douleur que le médecin arrive à poser le diagnostic, même si les symptômes de la névralgie faciale sont parfois attribués à tort à la mâchoire ou aux dents, entraînant alors des interventions maxillaires ou dentaires inutiles.
  • Il se peut cependant qu’elle soit le premier signe d’une autre maladie : elle est alors qualifiée de névralgie secondaire avec des douleurs moins intenses mais persistance d’un fond douloureux entre les crises.

à quoi est-elle due ?

 

La névralgie faciale serait liée une compression de la racine du nerf trijumeau par des vaisseaux sanguins et notamment l’artère cérébelleuse supérieure qui irrigue la partie supérieure du cervelet.

  • Le nerf trijumeau est lui responsable de l'innervation d'une partie du visage et notamment : l'œil, le nez et la bouche.
  •  En exerçant une pression sur le nerf, l’artère va dérègler son fonctionnement et renvoyer des messages douloureux vers le cerveau.

 

Une autre hypothèse serait que les douleurs sont le fait d’une suractivité électrique du nerf trijumeau comparable aux décharges observées lors des crises épileptiques.

 

Lorsque la névralgie est secondaire à une autre pathologie (20 % des cas), on retrouve une maladie neurodégénérative de type sclérose en plaques, une tumeur, une infection (zona) ou un traumatisme cranien comprimant le nerf.

 

mieux vivre avec…

 

Les antalgiques classiques (paracétamol, AINS...) ne sont que modérément efficaces dans la névralgie du trijumeau essentielle car la douleur est liée à l’atteinte d’un nerf (douleur neuropathique).

 

le traitement de référence sont les antiépileptiques.

Lorsque la névralgie devient résistante au traitement médical ou s’il est mal supporté, les techniques neurochirurgicales peuvent se discuter.

Parallèlement, un travail sur soi couplé à une démarche éducative aident à mieux gérer les crises au quotidien.

 

Le traitement de la névralgie faciale secondaire est celui de sa cause.

 

les médicaments par voie orale

Le traitement de première intention est un antiépileptique ou anticonvulsivant, la carbamazépine et la majorité des personnes répondent bien à ce traitement.

Il va stabiliser la membrane des cellules nerveuses et réduire le nombre et l'intensité des épisodes douloureux.

Dans certains cas, il est nécessaire de l’associer à un autre antiépileptique (oxcarbazépine, prégabaline) ou de les combiner à un antidépresseurs ou à un anxiolytiques.

 

les médicaments par voie locale

L’application d’un gel à la capsaïcine (composé actif du piment) permet un soulagement au moins partiel de la douleur et avec soulagement pendant plusieurs semaines.

 

 

traitements non médicamenteux

Parallèlement aux traitements médicamenteux, il est utile de prendre soin de soi et d’apprendre à gérer sa douleur.

L’objectif est de vous aider à mieux comprendre vos réactions et à prendre de la distance par rapport à votre douleur, à lâcher prise.

Elle va également vous aider à identifier les facteurs qui entretiennent votre douleur et leur signification ainsi qu’à vous fixer des objectifs à atteindre.

 

Pour vous accompagner dans cet apprentissage qui se fait généralement sur plusieurs mois, il existe de nombreuses modalités.

  • La relaxation facilite la maîtrise de soi et le lâcher-prise et permet de diminuer le stress et les tensions musculaires.
  • Les techniques cognitives et comportementales permettent une reformulation des croyances souvent erronées sur la maladie et sur le rôle à adopter au moment des crises. Elles induisent aussi une réassurance.
  • L’hypnose va permettre de focaliser le cerveau sur des sensations agréables pour oublier la douleur, est d'apprendre à gérer de manière autonome ses crises douloureuses
  • Une psychothérapie peut également être indiquée en cas de dépression et de problèmes psychiques suite aux crises douloureuses. Le fait de discuter et d’échanger son expérience avec d’autres patients apporte un soulagement (groupes de soutien).

 

Parlez en avec votre médecin, il est votre meilleur conseiller.

 

 

traitements neurochirurgicaux

Avec le temps, le traitement médical perd progressivement de son efficacité même aux doses maximales.

Ses effets secondaires deviennent difficilement supportables et c’est ainsi que dans 30 à 40 % des cas,  votre médecin aura recours à un traitement chirurgical.

 

Le traitement neurochirurgical est un traitement alternatif en cas d’inefficacité ou d’intolérance au traitement médicamenteux.

  • La décompression vasculaire microchirurgicale de Gardner-Jannetta 

Elle permet de supprimer la compression vasculaire à l’aide de bandelettes de Teflon ou en interposant un fragment de muscle entre le vaisseau et le nerf.

C'est une technique nécessitant l’ouverture du crane et une anesthésie générale.

 

Quatre autres techniques permettent de léser les fibres véhiculant la douleur au sein du nerf trijumeau, sans nécessiter d'anesthésie générale:

  • La radiochirurgie par le Gamma Knife (gamma unit) :

Cette technique utilise des rayonnements gamma très puissants qui vont détruire les fibres nerveuses du nerf trijumeau au niveau de son entrée dans le tronc cérébral de manière à interrompre la conduction du message douloureux.

Ce traitement s’effectue sous anesthésie locale et ne nécessite pas d’hospitalisation. 

L’inconvénient est qu’il faut attendre quelques semaines à quelques mois avant que l’effet se fasse sentir. 

De plus, comme il y a une destruction partielle du nerf, une certaine perte desensibilité peut survenir  au visage suite à ce traitement.

  • La thermocoagulation du ganglion de Gasser : les fibres nerveuses du nerf trijumeau sont ici détruites par la chaleur. C'est la méthode percutanée la plus efficace.
  • La décompression par ballonnet  : lors de ce procédé, le nerf trijumeau subit une lésion mécanique via l’introduction d’un ballonnet gonflable.
  • La Rhizolyse au glycérol : le nerf trijumeau est ici détruit par injection de glycérol anhydre.

 

 

qui et quand consulter ?

 

  • Si vous ressentez des douleurs fréquentes au visage
  • Si les médicaments antidouleurs habituels ne vous soulagent pas.

 

N'hésitez pas à consultez votre médecin traitant qui vous proposera une prise en charge adaptée.

En cas de doute, il peut demander l’avis du neurologue.

 

 

 

bibliographie

  • Sichère P. Douleurs en ORL : questions posées au Docteur Malou Navez. Douleurs 2014 ; 15(2) : 84-87.
  • Thurel C. Hamdi S. et al. Commentaires sur la place actuelle du Gammaknife dans le traitement de la névralgie faciale (névralgie du trijumeau). Douleurs 2012 ; 13(5) : 240-243.
  • Donnet A. Régis J. De le névralgie faciale à la neuropathie. Douleurs 2010 ; 11(S1) : A26-A31.
  • Olesen J. et al. The International Classification of Headache Disorders, 3rd edition, Headache Classification Committee of the International Headache Society. Cephalalgia 2013 ; 33(9) : 629-808.
  • Forssell H. et al. Differences and similarities between atypical facial pain and trigeminal neuropathic pain. Neurology 2007; 69(14) :1451-1459.


     

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