mieux comprendre la lombalgie chronique

Charges trop lourdes, stress, mauvaises postures ou encore sédentarité... les facteurs qui mettent à mal notre dos sont nombreux.

En France, on compte près cinq millions de lombalgiques et c’est la principale cause d'incapacité dans le monde.

  • La lombalgie est une douleur qui se situe dans le bas de la colonne vertébrale, au niveau de la région lombaire (au niveau des reins).
  • Elle est le plus souvent due (90 % des cas) à une atteinte fonctionnelle (musculaire par exemple) ou à une lésion anatomique (usure) du disque intervertébral, des articulaires postérieures ou des deux.
  • Elle se caractérise par une raideur, une sensation de lourdeur, des douleurs diffuses, un lumbago (une douleur vive et aiguë) ou une impression d'instabilité à la marche.
  • Les hommes sont plus touchés que les femmes.

Dans la majorité des cas, une lombalgie aigüe que l’on appelle aussi lumbago évolue favorablement en moins de 6 semaines à l’aide des médicaments (antalgiques) et de l’activité physique.

Ce n’est pas une maladie grave, elle ne se chronicise pas toujours.

Dans certains cas, très limités, une lombalgie peut être causée par une infection, une fracture des vertèbres ou encore une tumeur.

Seul, un médecin peut établir un diagnostic précis lors d’une consultation après interrogatoire, examen clinique, radiographies et prise de sang.

La lombalgie est dite chronique lorsque la douleur évolue depuis plus de 3 mois.

  • La douleur est sourde et obsédante en continu dans le bas du dos : sensation de serrage, contractions musculaires...
  • Elle s'accompagne parfois d’une irradiation dans une ou les deux jambes, la douleur dépasse très rarement le genou.
  • Elle peut être liée à des contractures musculaires associées ou non à un vieillissement des disques intervétébraux ou encore à des sollicitations de la colonne vertébrale trop fortes et répétées.
  • C’est souvent la peur de la douleur, l’appréhension qui entraînent le cercle vicieux de la contraction.

 

Faux mouvement, soulèvement brutal, mauvaise position, excès de poids, son point de départ est variable et c’est souvent à l’occasion d’un geste anodin que la douleur prend le contrôle de votre vie.

 

Son passage à la chronicité concerne 1 personne sur 10 en moyenne. 

  • Chez certaines personnes (1 sur 2 ), la douleur est acceptable et permet une vie presque normale
  • Chez d’autres, la douleur est très invalidante et affectent la vie dans toutes ses dimensions socio-professionnelle, affective, plaisir à vivre. 

à quoi est-elle due ?

Dans la plupart des cas, le diagnostic précis est difficile.

  • La présence d'éléments anormaux à l'imagerie n'est pas associée à la douleur.
  • L’IRM précoce aboutit souvent à un mauvais pronostic (risque de chirurgie, congé maladie..) et le discours qui tend à imputer les douleurs à de l’arthrose, une hernie ou une dégénérescence de disque tend à amplifier la chronicisation.


Les facteurs favorisant le passage à la chronicité sont en revanche nombreux.

  • Facteurs médicaux : intensité de la douleur, extension de la zone douloureuse, présence d’épisodes précédents...
  • Facteurs émotionnels : stress, anxiété, humeur dépressive, manque de soutien ou surprotection des proches, le catastrophisme qui tend à renforcer les comportements inappropriés et donc la douleur et l'incapacité, mais aussi à dérégler le fonctionnement neuro-endocrinien des voies de la douleur...
  • Facteurs médicaux : intensité de la douleur, extension de la zone douloureuse, présence d’épisodes précédents...
  • Facteurs émotionnels : stress, anxiété, humeur dépressive, manque de soutien ou surprotection des proches, le catastrophisme qui tend à renforcer les comportements inappropriés et donc la douleur et l'incapacité, mais aussi à dérégler le fonctionnement neuro-endocrinien des voies de la douleur...
  • Comportements : réduction des activités quotidiennes, repos prolongé, passivité face à la maladie, attentes excessives par rapport aux médicaments, peur du mouvement (kinésiophobie ), difficulté à relâcher les muscles du dos qui entraîne une co-contraction excessive des muscles du corps, la mise en place de comportements inadaptés pour les mouvements...
  • Travail : la perception que le travail est dommageable, l’insatisfaction professionnelle, ses contraintes physiques (mauvaise posture, soulèvement de charges...)...
  • Le style de vie : tabagisme, sédentarité, obésité, la consommation d’alcool, la pratique de certains sports...

 

La lombalgie chronique est également souvent associée à des modifications au niveau du cerveau (dans le cortex sensori-moteur) : perte de matière grise, manque d'inhibition de la douleur... qui contribuent à des changements sensoriels diffus et une altération motrice du mouvement. 

 

mieux vivre avec…

La prise en charge d’une lombalgie chronique revêt 2 aspects : 

  • Réduire votre douleur = la priorité, pour retrouver une vie normale
  • Améliorer votre capacité fonctionnelle pour vous permettre de reprendre votre travail et de pratiquer vos activités sociales et plaisir

Elle est nécessairement multifactorielle et combine un traitement médicamenteux à un traitement non médicamenteux.

les médicaments

L’objectif du traitement pharmacologique consiste à atténuer la douleur pour limiter votre handicap et retrouver une vie normale le plus rapidement possible.

Les médicaments recommandés sont :

  • Le paracétamol jusqu’à 4g/j en 4 prises associé à des anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène) en traitement court.
  • Les antalgiques de palier 2 (tramadol) de palier 3 si les antalgiques de palier 1 ne sont pas suffisants. 
  • Des relaxants musculaires (dont certains sont en vente lire) peuvent aussi aider à soulager la douleur
  • Les antidépresseurs à doses antalgiques et les corticoïdes, sous forme d’infiltrations

 

les traitements non médicamenteux

Le traitement non pharmacologique vise surtout le retour à la mobilité fonctionnelle et à améliorer la qualité de vie du patient.

  • Différentes options sont possibles.
  • Il peut comporter un programme de rééducation par des exercices pour renforcer la musculature de la zone lombo-abdomino-pelvienne, une bonne hygiène de vie et une formation sur les bonnes postures et techniques pour soulever des poids.
  • Des techniques de méditation et de relaxation, le yoga ou encore un accompagnement psychologique (TCC) peuvent également être utiles.

Rééducation fonctionnelle

  • La kinésithérapie permet de proposer un travail par l’exercice sur le verrouillage lombaire, diminuer les contractures et les tensions pour améliorer la capacité à réaliser tous les gestes de vie quotidienne tout en protégeant son dos.
  • C'est un apprentissage qui peut être long mais qui est essentiel pour la guérison.
  • Massages, acupuncture, ostéopathie, balnéothérapie sont également de bonnes alternatives pour vous soulager.
  • On pourra également vous proposer la neurostimulation électrique transcutanée (TENS).

Soutien psychologique

  • Pour lutter contre la kinésiophobie (peur du mouvement) et apprendre à gérer votre stress.
  • Ce peut être la  la thérapie cognitivo-comportementale, l’hypnose ou encore la méditation, la relation… Différentes options peuvent vous êtes proposées, à vous de choisir celle qui vous convient.

Une prise en charge psychologique et un accompagnement dans des écoles du dos permet d'obtenir des résultats satisfaisants

Autre point important : l'aménagement du poste de travail peut être nécessaire.

 

Place de la chirurgie

  • La chirurgie n’est pas une solution « miracle » et doit rester une solution de dernier recours lorsque toutes les autres ont échouées.
  • Elle est justifiée pour des indications précises comme le canal lombaire étroit (CLE).

 

quelques conseils pour une prise en charge efficace

L’important est de bouger !

  • Faire régulièrement des exercices physiques et alterner avec des périodes de repos et de détente
  • Eviter les 2 deux pièges suivants :
    • Cesser toute activité physique de peur de voir apparaître ou augmenter la douleur
    • Continuer les activités physiques jusqu’à réapparition de la douleur qui impliquerait de se mettre au repos jusqu’à disparition de la douleur.

Adopter un mode de vie sain

  • Surveiller son poids et rester toujours dans la fourchette d'un IMC normal
  • Porter une attention particulière à la musculature de l’abdomen et du dos

Surveiller constamment votre posture

  • Un dos bien droit, le regard vers l’avant et les épaules vers l’arrière
  • Si vous devez soulever un objet lourd, s’accroupir en fléchissant les genoux tout en maintenant le dos bien droit puis se relever en dépliant les jambes tout en tenant l'objet près du corps.
  • Éviter les mouvements de torsion du bassin ou de torsion du dos

 

quand et qui consulter ?

  • Face à une lombalgie qui ne cède pas au bout de quelques semaines, le premier réflexe à avoir est de se rendre chez son médecin traitant.
  • Il vous prescrira les médicaments appropriés et vous orientera si nécessaire vers un kinésithérapeute, ce qui aura pour résultat dans un grand nombre de cas d'éviter le passage à la chronicité.
  • 'il n'y a pas d'amélioration notable, il vous enverra chez le spécialiste le plus approprié ou le centre douleur le plus proche de chez vous.

 

sources

  • Sichère P. et al. La lombalgie (commune) en évolution. Douleurs 2013 ; 14(5) : 234-244.
  • Agence Nationale d'Accréditation et d'Évaluation en Santé. Diagnostic, prise en charge et suivi des malades atteints de lombalgie chronique. Douleurs 2001 ; 2(6) : 283-291.
  • Le Blay G. Rachialgies : prise en charge en médecine physique et réadaptation. Douleurs 2011 ; 12(4) : 173-180.
  • Zegarra-Parodi R. et al. Traitement ostéopathique de patients souffrant de lombalgies chroniques communes. Douleurs 2012 ; 13(1) : 17-24.
  • Diagnostic, prise en charge et suivi des malades atteints de lombalgie chronique, HAS, Décembre 2000.

 

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