mieux comprendre le syndrome des jambes sans repos

Appelé aussi “impatiences“ et récemment rebaptisé Maladie de Willis-Ekbom, le Syndrome des Jambes Sans Repos se manifeste par des sensations désagréables, parfois douloureuses, au niveau des jambes le plus souvent (vos mollets plus particulièrement) mais également au niveau des bras (20 à 30% des cas).

Il se caractérise principalement par un besoin irrésistible à bouger les jambes, souvent associée à des sensations bizarres très diverses à type de fourmillements, picotements, démangeaisons, brûlures ou courant électrique ou dysesthésies.

Ces sensations sont désagréables parfois à la limite du supportable, mais sont rarement perçues comme des douleurs.

La gêne est maximale au repos, dans la position assise ou couchée et, caractéristique fondamentale : elle est soulagée lors du mouvement.

La marche est le plus efficace.

Les mouvements sur place (étirement, massage) peuvent aussi soulager.

Autres caractéristiques : les sensations se manifestent principalement le soir et la nuit même si, au cours de l’évolution de la maladie, les symptômes peuvent apparaître à toute heure.

Parfois, des mouvements involontaires des jambes se produisent la nuit, au cours du sommeil, dont les patients ne sont en général pas conscients.

Dans les formes très sévères, le SJSR est souvent accompagné d'insomnie, et parfois de somnolence avec un retentissement marqué sur la vie quotidienne.

Il est d’ailleurs dans la nomenclature médicale considéré comme un trouble du sommeil.

  • Si ces manifestations restent épisodiques, elles sont banales et ne nécessitent aucune consultation médicale.
  • En revanche, si les symptômes se répètent de plus en plus souvent et s’ils perturbent votre sommeil et votre concentration dans la journée ou retentissent sur votre humeur : prenez l’avis de votre médecin traitant.

 

Pour établir le diagnostic du syndrome des jambes sans repos, le médecin se base d'abord sur la description des symptômes, mais l'idéal reste d'observer la qualité du sommeil dans un centre d'étude spécialisé.

La sévérité est côtée de 1 à 40, selon l'échelle IRLSS (international restless legs syndrome study).
 

1 300 000 de français soit près de 2% de la population ressentent, tous les jours, les symptômes de la maladie de Willis-Ekbom.

 

comment ça fonctionne ?

Le SDJR est la conséquence d'un trouble de la fabrication ou de la libération de la dopamine.

  • La dopamine est un neurotransmetteur présent dans le cerveau et la moelle épinière qui intervient notamment dans le contrôle des mouvements.
  • Pour effectuer un geste, le cerveau envoie des ordres aux muscles par l'intermédiaire de la moelle épinière, la dopamine intervient justement dans cette transmission.
  • Quand sa production ou sa circulation est altérée, la moelle épinière ne transmet plus correctement les informations, ni dans un sens ni dans l'autre. L'activité de la moelle ne peut plus être contrôlée, elle devient comme hypersensible.
  • Cela expliquerait les sensations de décharges électriques dans les jambes..

 

Il y a aussi une composante héréditaire, car on retrouve souvent la maladie sur plusieurs générations d'une même famille.

 

Certaines carences en vitamines B12 ou B9 ou encore en fer, certaines maladies chroniques (insuffisance rénale chronique, polyarthrite rhumatoïde, neuropathies) ou encore certains médicaments (antidépresseurs tricycliques, antihistaminiques, lithium, bêtabloquants, antiémétiques, neuroleptiques) sont également susceptibles de jouer un rôle.

 

 

mieux vivre avec…

La mise en route d’un traitement dépend de la sévérité des symptômes et l’inconfort.

  • Dans les formes légères, des gestes simples associés à une bonne hygiène de vie suffisent en général à atténuer les signes.
  • Dans les formes modérées à sévères, un traitement médicamenteux associés à .

 

La nature du traitement et sa classe thérapeutique seront déterminées par le médecin (spécialiste) prescripteur, en fonction de :

  • La nature de vos symptômes 
  • Leur répercussion sur votre humeur et sur votre vie sociale, familiale et professionnelle.
  • Votre histoire et de vos antécédents médicaux

 

Si le SDJR est lié à une autre maladie (anémie par carence en fer, diabète...), l’objectif du traitement sera avant tout de traiter cette maladie afin d’éliminer la cause des symptômes.

 

hygiène de vie

  • Éviter ce qui peut aggraver les symptômes : le café, le thé, l’alcool
  • Veiller à une bonne hygiène de sommeil : coucher et lever à heure régulière, nombre d’heures de sommeil suffisant
  • Les activités sédentaires comme le cinéma ou les longs trajets seront préférables le matin, tandis que les activités comme la marche, les travaux ménagers ou l’activité physique peuvent atténuer les symptômes de SJSR si elles sont effectuées en fin de journée.
  • Lors des crises, utiliser les petits moyens : massages, douches froides (ou chaudes pour certains), déambulation, exercices d’étirement, technique de relaxation.
  • Une activité soutenue comme les travaux manuels ou des jeux peuvent être utiles pour p capter l'attention et surtout décentrer l’attention vers autre chose que les sensations désagréables.

 

 

les médicaments
 

Les médicaments les plus prescrits sont :

  • Les agonistes dopaminergiques
  • Les benzodiazépines
  • Certains antiépileptiques
  • Les dérivés morphiniques

 

Le choix du médicament par votre médecin traitant dépend de :

  • la nature de vos symptômes 
  • leur répercussion sur votre humeur et sur votre vie sociale, familiale et professionnelle.
  • votre histoire et de vos antécédents médicaux

 

 

Les agonistes dopaminergiques non ergotés

En reproduisant l’action de la dopamine dans l’organisme, ces médicaments permettent de pallier au manque de dopamine et agissent uniquement sur les symptômes.

La dose efficace est variable en fonction des personnes et le traitement débutera par des doses faibles à augmenter progressivement afin de rechercher la dose la plus efficace et réduire au maximum les effets secondaires.

  • En cas de manifestations intermittentes, le traitement se prend durant les épisodes de SJSR.
  • Si les symptômes sont réguliers et fréquents, les prises de médicaments se font en continu.

Ces médicaments sont aussi indiqués en préventif notamment dans les situations qui déclenchent systématiquement des symptômes.

 

Les antiépileptiques

Ces médicaments permettent de diminuer l’excitabilité des fibres nerveuses et donc, de soulager les douleurs neuropathiques.

Ils sont donc souvent prescrits dans le SJSR non pas comme antiépileptiques mais pour leur action antalgique propre.

La dose efficace est variable en fonction des personnes et le traitement débutera par des doses faibles à augmenter progressivement afin de rechercher la dose la plus efficace et réduire au maximum les effets secondaires.

 

Les antalgiques morphiniques

En raison du risque de dépendance et de toxicomanie qu’ils peuvent entraîner, ils seront utilisés de manière ponctuelle et notamment, en cas d’échec des autres traitements.

 

 

qui et comment consulter ?

 

Si ces manifestations restent épisodiques, elles sont banales et ne nécessitent aucune consultation médicale.

En revanche, si les symptômes se répètent de plus en plus souvent et s’ils perturbent votre sommeil et votre concentration dans la journée ou retentissent sur votre humeur : prenez l’avis de votre médecin traitant.

C’est à lui d’organiser la cohérence nécessaire dans les avis et les traitements.

Si besoin est, c’est lui qui fera appel au neurologue le plus proche de votre domicile.

 

 

bibliographie

  • Alchaar H. Syndrome des jambes sans repos : syndrome douloureux chronique. Douleurs 2007; 8(1) : 29-33.
  • Arnulf I. Le syndrome de jambes sans repos : une cause fréquentes d’insomnie. La lettre du neurologue 2005; 9: 12-16.
  • Neau JP. Meurice JC. et al. Prise en charge thérapeutique du Syndrome des Jambes Sans Repos. Neurologies 2005; 332-337.
  • Haba-Rubio J. Heinzer R. et al. Syndrome des jambes sans repos et mouvements périodiques des jambes au cours du sommeil. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris). Neurologie 2012; 17-009-A-15.
  • Haba-Rubio J, Heinzer R, Tafti M, Krieger J. Syndrome des jambes sans repos et mouvements périodiques des jambes au cours du sommeil. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris) – Neurologie. 2012;17-009-A-15.
  • Desautels M, Michaud M. Le syndrome des jambes sans repos : lorsque les jambes s'impatientent. Site internet : La Médecin du Québec. Québec (Canada) ; 2014


     

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