mieux comprendre le syndrome de fatigue chronique

Se sentir à plat, être continuellement fatigué, usé, ressentir des douleurs musculaires et articulaires… tel est le quotidien des personnes atteintes du syndrome de fatigue chronique.

À cet état de fatigue permanent et handicapant s'ajoutent notamment :

  • des troubles de la mémoire ou de la concentration
  • des douleurs multiples musculaires et articulaires sans inflammation,
  • des céphalées inhabituelles
  • des troubles digestifs récurrents
  • un sommeil non reposant.

Ces symptômes peuvent se rapprocher de ceux rencontrés dans la fibromyalgie, l'hypotension, la mononucléose infectieuse chronique, l'hypothyroïdie, le sysndrome de l'intestin irritable ou encore la dépression. 

Pourtant, il ne faut pas confondre ce syndrome avec ces maladies.

  • Pas de test pour diagnostiquer précisément la maladie, pas d’anomalie biologique.
  • Seule une fatigue supérieure à six mois avec diminution importante des activités, sans cause organique apparente, oriente vers ce syndrome.
  • Tout effort musculaire est fatiguant
  • Tenir debout est une épreuve

 

En France, 150 000 personnes souffrent de fatigue chronique.

  • Essentiellement les adultes jeunes entre 20 et 40 ans, bien que tous les groupes d’âge (enfants, adolescents et personnes plus âgées) peuvent être touchés.
  • Les femmes sont 2 fois plus atteintes que les hommes.
  • Souvent perçues comme des malades imaginaires, ces personnes souffrent pourtant énormément...
  • Lorsque le diagnostic tombe par élimination de toute autre pathologie, c'est une délivrance.
  • Pour les médecins, il est donc encore souvent difficile de poser le bon diagnostic.

A quoi est-il du ?

Le syndrome de fatigue chronique n'a rien à voir avec une fatigue passagère.

De nombreuses hypothèses ont été émises et il s’agit probablement de la combinaison de plusieurs facteurs qui déclencheraient la maladie chez certaines personnes plus fragiles que d’autres.

  • Le SFC apparaît souvent après une infection bactérienne ou virale, comme la grippe, la mononucléose infectieuse ou encore la brucellose. Une fois la maladie guérie, la fatigue persiste.
  • Le SFC pourrait également être due à une réaction excessive du système de défense de l’organisme.  Cette hypothèse semble aujourd’hui la plus solide.
  • Il a également été observé que les taux en hormone de croissance et en cortisol aussi appelée “hormone du stress“ étaient présentes en quantité inférieure par rapport à la normale. Ainsi, le SFC pourrait aussi être dû à une réaction inappropriée de l’organisme au stress.
  • Enfin, l’exposition à certains pesticides ou insecticides entraîne parfois des symptômes proches de ceux du SFC et pourrait être en cause dans certains cas.

 

mieux vivre avec…

Du fait de la multiplicité des symptômes, la prise en charge recommandée associe plusieurs approches destinées à soulager les symptômes et à améliorer vos capacités physiques et intellectuelles pour vous redonner un maximum d’autonomie.

 

Le traitement sera pluridisciplinaire et adapté au cas par cas, avec :

  • Un traitement médicamenteux à visée symptomatique
  • La gestion de votre quotidien pour éviter les crises de fatigue et vous mettre dans une démarche à l’effort très progressive avec augmentation des performances
  • Une thérapie cognitivo-comportementale pour vous permettre de mieux gérer votre énergie.

 

Un accompagnement thérapeutique est également recommandé pour favoriser l’auto-prise en charge. 

 

 

Les médicaments

Les antidépresseurs

  • Les médicaments antidépresseurs à faible dose agissent à la fois sur l’humeur et sur la qualité du sommeil.
  • Ils peuvent également être bénéfiques en cas de douleurs.
  • Certains ont une action dynamisante.
  • Par ailleurs, le SFC s’accompagne souvent de signes dépressifs, les antidépresseurs peuvent alors aider à faire face à la maladie.
  • Les antidépresseurs dits tricycliques (comme l’amitriptyline) ou de la famille des ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) comme la fluoxétine ou la sertraline sont les plus utilisés.

 

Les antalgiques

  • Les douleurs musculaires ou articulaires, ainsi que les maux de tête ou de gorge, lorsqu’ils sont présents, peuvent parfois être soulagés par des antalgiques de palier I comme le paracétamol ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) type ibuprofène....
  • Ces antalgiques sont aussi efficaces en cas de fièvre.

 

Autres médicaments

D’autres médicaments sont parfois utilisés, avec une efficacité variable et souvent non démontrée.

Les malades qui présentent des symptômes de rhume ou de bronchite, avec toux, écoulement nasal, difficultés respiratoires, peuvent être traités par des décongestionnants nasaux et éventuellement des anti-infectieux.

Des médicaments spécifiques sont également prescrits en cas de pression artérielle faible.

 

Activité physique

Même si vous vous sentez épuisées par le moindre effort, la reprise de l’activité physique est primordiale :

  • Le manque d’exercice favorise la fonte des muscles et aggrave la faiblesse.
  • Le repos prolongé a, par ailleurs, paradoxalement tendance à accentuer la fatigue et l’état de faiblesse.

 

Des exercices « progressifs » (réentraînement ou réadaptation progressive à l’effort), encadrés de préférence par un physiothérapeute ou un kinésithérapeute, permettent de maintenir ou de restaurer la capacité des muscles.

Ainsi, les exercices doux, comme le vélo, la marche ou la natation, à raison de 10 à 30 minutes par jour, semblent nettement diminuer la fatigue et améliorer la condition physique.

Si vous le préférez, vous pouvez aussi opter pour de du Qi Gong ou encore du yoga.

L’important, c’est de maintenir un certain niveau d’activité tout en restant à l’écoute de votre corps.

 

 

soutien psychologique et gestion du stress

Le sentiment d’isolement, d’incompréhension ou de détresse qui résulte de votre faiblesse physique peut être pesant et une écoute bienveillante peut vous êtes bénéfique.

Des séances de soutien psychologique ou de thérapie cognitivo-comportementale (qui est une forme de psychothérapie) s’avère efficace chez près de 70 % des personnes atteintes du SFC.

  • Elles permettent d’améliorer le bien-être général.
  • Elles peuvent aussi vous aider à mettre en pratique les « bonnes » attitudes face aux situations difficiles afin de vous permettre mieux les affronter.

 

Les techniques de relaxation, la méditation ou encore le mindfulness peuvent également être bénéfiques être bénéfique, grâce à leur influence sur le comportement face au stress et à la maladie.

 

hygiène de vie

Le bénéfice d’une bonne hygiène de vie (sommeil suffisant, maintien d’une activité physique régulière et adaptée, alimentation équilibrée) est très important dans ce contexte de maladie en relation avec le stress.

  • Il est donc recommandé d’éviter les excitants (café et thé), surtout l’après midi, en raison de leur effet négatif sur le sommeil.
  • Il est aussi recommandé de limiter la consommation de boissons alcoolisées qui peuvent aggraver l’état de fatigue.
  • Participer à des activités récréatives et à des loisirs en groupe contribue également au bien-être et permet d’éviter l’isolement et la prostration.

 

 

Qui et quand consulter ?

Pour lutter contre un surmenage ou un épuisement passager, il existe de nombreux produits en vente libre peuvent être efficaces (magnésium, vitamine C, phytothérapie…).

Ces produits ont pour objectif de stimuler notre organisme.

Mais attention, la fatigue reste un symptôme qui peut annoncer le début d'une pathologie.

Si elle persiste au delà d'un mois, il est impératif de consulter votre médecin.

Selon les nouvelles directives de l'Assurance Maladie, la démarche à suivre pour que l’ensemble des actes soit remboursés est de  consulter votre médecin traitant qui rédigera un courrier pour que vous soyez reçu par une équipes spécialisée (consultation de médecine interne, en interaction avec des spécialistes de psychiatrie, d’endocrinologie, de rhumatologie...)

Une fois le diagnostic posé, le médecin généraliste assurera le suivi.

Le médecin fixera le type et la fréquence des visites de contrôle en fonction des traitements mis en place.

 

bibliographie

  • La fatigue chronique. Encyclopédie Orphanet Grand Public 2008.
  • www.orpha.net/data/patho/Pub/fr/FatigueChronique-FRfrPub790v01.pdf
  • Patarca-Montero R. Mark T. et al. The immunology of chronic fatigue syndrome. J CFS 2000 : 6(3/4) : 59-107.
  • Komaroff AL. The biology of the Chronic Fatigue Syndrome. Amer J Med 2000 ; 108: 99-105.

 

 

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