mieux comprendre l'endométriose

L’endométriose est une maladie de l’endomètre (revêtement interne de l’utérus) : du tissu endométrial se développe en-dehors de la cavité utérine en passant par les trompes de Fallope et colonisent d'autres organes de l'abdomen.

C’est une maladie qui touche 1 femme sur 10 en âge de procréer et près d’une femme sur 2 se plaignant de douleurs dans bas du ventre. 

Elle peut être asymptomatique et ne pas nécessiter de prise en charge.

Le plus souvent, elle entraîne des douleurs gynécologiques invalidantes et dans certains cas, une infertilité.

La douleur est le principal symptôme

Elle est cyclique et se manifeste souvent de manière plus aiguë au moment de l’ovulation ou des règles.

Elle peut être continue ou ponctuelle, en fonction de la localisation des lésions et des adhérences.

Elle est affecte la vie quotidienne pendant quelques jours parfois plus durablement, pour les cas les plus sévères et empêche de mener une vie normale, professionnelle, familiale et intime... Dans certains cas, elle peut provoquer des pertes de connaissance et des vomissements.

Elle est présente dans 3 cas sur 4 sous forme de :

  • Règles douloureuses (dysménorrhée) et saignements (métrorragie, rectorragie ou spotting)
  • Douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunie)
  • Douleurs pelviennes (du nombril au bas ventre) ou lombaires (bas du dos) pouvant irradier jusque dans la jambe (sciatique, cruralgie),
  • Défécation douloureuse, difficulté pour uriner (dysurie)
  • Elle résiste à un antalgique classique de type paracétamol

L’intensité des douleurs n’est pas révélatrice de la gravité des lésions.

Ces symptômes sont communs à d’autres maladies et pas strictement spécifiques de l’endométriose Face à la persistance des symptômes ou lorsque la douleur devient invalidante, parlez en avec votre médecin traitant ou votre gynécologue.

Cette douleur associée à d’autres symptômes :

  • Troubles digestifs : diarrhée ou constipation
  • Troubles urinaires : brûlure à la miction, sang des les urines, miction fréquentes

Le diagnostic repose d’abord sur un entretien avec la patiente afin de rechercher les symptômes évocateurs, une évaluation de la douleur et son retentissement sur la qualité de vie.

En présence de symptômes évocateurs, un examen gynécologique est recommandé. Il doit permettre de repérer des lésions bleutées à l’examen du vagin au spéculum, la présence de nodules dans des zones spécifiques ou encore une douleur déclenchée par la mise en tension de certains ligaments.

Si ces signes sont présents, une échographie pelvienne permet d’affirmer le diagnostic.

Comment ça fonctionne ?

Chez une femme en bonne santé, à chaque cycle menstruel, sous l’effet des hormones oestrogèniques, l’endomètre s’épaissit en prévision d’une éventuelle grossesse. S’il n’y a pas de fécondation, il se désagrège et saigne : ce sont les règles.

Chez une femmes souffrant d'endométriose, des cellules de l’endomètre vont migrer en-dehors de l'utérus via les trompes au niveau des ovaires, du péritoine (membrane tapissant la cavité abdominale et les organes qui s’y trouvent), des ligaments utérins, et de l’espace séparant le vagin du rectum.
Plus rarement, l’endométriose peut toucher le côlon et l’intestin grêle, le col utérin, la vulve, le vagin, la paroi abdominale (en particulier au niveau de l’ombilic et des cicatrices), le diaphragme (muscle qui sépare le thorax de l’abdomen), la plèvre (membrane qui recouvre les poumons) ou les uretères (canaux urinaires allant des reins à la vessie).

Puisque ce tissu est sensible aux hormones, il va saigner en-dehors de l'utérus et, ne pouvant pas être évacué naturellement comme les règles, il provoque au niveau des organes touchés des lésions, des nodules ou des kystes ainsi que des réactions inflammatoires avec formation de cicatrices fibreuses et d’adhérences accolant les organes avoisinants entre eux et empêchant leur bonne mobilité.
Parfois, une masse remplie de sang (endométriome) se forme et provoque des douleurs brutales si elle se rompt.

Certaines femmes pourraient aussi souffrir d’un dysfonctionnement immunitaire qui empêcherait de nettoyer correctement l’abdomen de ces cellules.

Une autre hypothèse met en avant la possibilité de migrations des cellules de l’endomètre par la circulation sanguine puisque du tissu endométrial est parfois retrouvé dans des endroits qui ne sont pas en continuité avec l’utérus.

Une exposition in utéro (= lors de la grossesse) à certains toxiques peut augmenter le risque d’endométriose.

On distingue trois formes d’endométrioses selon la localisation principale du tissu endométrial :

  • Endométriose péritonéale superficielle
  • Endométriose ovarienne profonde (endométriome ovarien)
  • Endométriose sous-péritonéale profonde.

En pratique ces formes sont souvent mélangées.

Facteurs de risque

  • L’âge est un facteur de risque ou plus exactement le fait d’être en âge de procréer : si l’endométriose peut se manifester dès l’adolescence, le diagnostic est plus facilement posé entre 30 et 40 ans et la maladie régresse après la ménopause.
  • Antécédents familiaux : le risque est augmenté si l’un des parents au premier degré est atteint de la maladie.
  • Caractéristiques du cycle menstruel :  cycles courts, menstruations précoce (avant 12 ans), ménopause tardive, obésité, ménorragies et dysménorrhée 
  • Les nulligestes (femmes n’ayant pas eu de grossesses) ont plus de risque d’endométriose, sans doute en raison d’un effet protecteur de la grossesse et l’allaitement prolongé réduit le risque.
  • Anomalies des organes génitaux (sténose, cloison)
  • Faible poids de naissance.

La consommation de viande rouge et d’acides gras saturés semble augmenterait le risque tandis que la consommation de fruits et de légumes verts le réduirait.

Il semble par ailleurs y avoir une composante génétique à la maladie car l’incidence (nombre de nouveaux cas d’une maladie au cours d’une période donnée dans une population donnée) est sept fois supérieure lorsque la maladie est déjà présente dans la famille.
Les chromosomes 7 et 14 semblent également impliqués mais aucun gène responsable n’a pu être mis en évidence.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies destinés à améliorer la performance de ce site et à vous proposer des services et contenus personnalisés. En savoir plus Fermer

,