mieux comprendre la coccygodynie

La coccygodynie est une douleur localisée au niveau du coccyx, en haut de la raie des fesses, sans irradiation.

La gêne peut être continuelle, elle est exacerbée en position assise ou au relever d’un siège.

La douleur peut disparaître d'elle-même ou avec un traitement, ou bien continuer pendant des années voire même s'aggraver.

Elle est 5 fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes.

D'où vient ma douleur ?

  • La cause est un mouvement anormal du coccyx.
  • Dérivé du mot grec pour “coucou“ en raison de sa ressemblance avec le bec de cet oiseau, le coccyx est l'extrémité pointue de la colonne vertébrale, fait de petites vertèbres soudées. Il est incurvé vers l'avant, pour se planquer entre les fesses de façon à ne pas s'enfoncer comme un clou dans les sièges. 
  • De temps en temps, si la courbure du coccyx est trop droite ou si vous vous êtes assis un peu trop brutalement sur une surface dure, les vertèbres du coccyx vont se dessouder et se mettre à bouger anormalement, donnant des douleurs identiques à l'appui sur une foulure.
  • Une anomalie de structure anatomique du coccyx qu’on appelle épine coccygienne peut aussi être la cause de la coccygodynie. Elle va irriter la peau à son contact et provoquer une inflammation.
  • Parfois, le coccyx a une structure et une mobilité normale et la mise en évidence de l’origine de la douleur est plus délicate.

Mais toutes les douleurs à cet endroit ne sont pas forcément des coccygodynies :

  • Il peut s’agir de douleurs provenant des vertèbres lombaires. Les nerfs qui en partent assurent la sensibilité de la peau dans la région du coccyx
  • C'est le piège classique de la "douleur projetée": vous sentez moins la lombaire que les terminaisons des nerfs sur le coccyx, à distance du véritable problème.

Comment est réaliser le diagnostic ?

  • Pour différencier une vraie coccygodynie d'une fausse, le diagnostic est essentiellement clinique : le toucher rectal est douloureux à la mobilisation du coccyx.
  • L’examen clé est néanmoins la radiographie dynamique comparant cliché assis de profil comparé au cliché debout et va permettre de déceler une anomalie d’hypermobilité du coccyx, une luxation ou une épine coccygienne.
  • En cas de fracture coccygienne ou de calcifications, la radiographie standard peut être utile.

Quels sont les facteurs déclenchants ?

  • Mouuvement anormal du coccyx : lors d’un traumatisme chute en position assise (chute), après un accouchement, suite à de microtraumatismes répétés (long trajet en voiture, à bicyclette ou à cheval), après une intervention chirurgicale.
  • Parfois, le facteur déclenchant n'est pas connu.
  • Dans tous les cas, le poids semble également influencer la survenue de la coccygodynie : l’obésité est trois fois plus fréquente chez les personnes avec coccygodynie que dans la population normale.

Mieux vivre avec ma douleur ?

La prise en charge thérapeutique est multidisciplinaire et associe des mesures d’hygiène pour éviter l’appui sur le coccyx, de la rééducation par un kinésithérapeute pour stabiliser le coccyx et un traitement par infiltration pour soulager la douleur.

Le traitement médicamenteux a un intérêt en cas de coccygodynie aigue et dans le cas d’une inflammation secondaire à une épine coccygienne.

En cas d’échec, un traitement chirurgical peut être proposée.

Traitements non mdicamenteux

  • Mesures d’hygiène
    • L’objectif est de soulager la douleur par l’adoption de postures correctes : comment s’asseoir en avant, en appuyant son poids sur les les cuisses plutôt que sur le coccyx.
    • Une bouée à air ou un coussin évidé peut aider à vous asseoir sans douleur en diminuant la pression sur le coccyx.
    • L’application de la chaleur et le froid sur la zone douloureuse peut également être bénéfique.
    • Une alimentation pour éviter la constipation qui peut aggraver la douleur est également recommandée.
    • La pratique du vélo et de l’équitation sont à proscrire.
  • Rééducation
    • Pratiquée par un kinésithérapeute, elle est basée sur des massages assez profonds au niveau des ligaments sacro-coccygiens et sur la pointe du coccyx et des exercices de mobilisation du coccyx avec des mouvements de flexion-extension ou de rotation.
    • Elle apporte un vrai soulagement de la douleur et un apaisement. 
  • Et l'ostéopathie?
    • Les résultats de l'ostéopathie sont meilleurs quand les points douloureux ne sont pas pile sur l'os, mais plutôt sur un côté, correspondant à des ligaments sensibles que l'on peut masser et détendre.
    • Elle permet de soulager la douleur et d’apporter du bien être.
    • Dans la vraie coccygodynie, les résultats sont plutôt médiocres.
  • Neuromodulation
    • La neurostimulation transcutanée (TENS) et la radiofréquence pulsée sont également deux techniques efficaces pour soulager la douleur.

Traitements médicamenteux

  • Antalgiques
    • Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont souvent efficaces dans la crise aigue, chez l’adolescent ou le jeune adulte.
    • Les opioïdes sont réservés pour les douleurs sévères.
    • L’utilisation de la calcitonine en intranasale peut également soulager la douleur.
  • Infiltrations
    • Les infiltrations intradiscales de corticoïdes (prednisolone) associées à un anesthésique au niveau de la pointe du coccyx permettent de soulager la douleur et de retrouver du confort.
    • Elles ne sont pas indispensables si la gêne est supportable.

Place de la chirurgie

  • Elle consiste à couper le coccyx ou la partie instable du coccyx, généralement à travers une petite incision dans le pli interfessier.
  • A réserver en cas d’échec aux autres traitements.

Bibliographie

  • Maigne JY. Coccygodynie. Le Courrier de colo-protologie. 2003 ; n°3 : 67-72
  • Sichère P. Coccygodynie : questions posées au docteur Jean-Yves Maigne. Douleurs 2014 ; 15: 24-26.
  • Lahrabli S. Diagne N. et al. Actualités sur la prise en charge diagnostique et thérapeutique de la coccygodynie. Rev Mar Rhum 2014 ; 29: 20-7.