mieux comprendre le SDRC

SDRC ou Syndrome Douloureux Régional Complexe, encore appelé algodystrophie est un syndrome douloureux chronique qui se développe souvent au niveau d’un membre suite à un traumatisme comme une fracture, une entorse ou luxation… ou à une immobilisation (plâtre, attelle, orthèse) voire de polytraumatismes.

Le plus souvent, ce sont les extrémités qui sont atteintes : la main et le poignet, le pied et la cheville. Parfois, on observe plusieurs localisations (ex-syndrome épaule-main).

Le SDRC est une maladie bénigne qui évolue selon 2 phases avec une phase chaude, une phase froide puis la guérison en quelques mois, entre 6 à 24 mois. Il peut survenir à tout âge, y compris chez l’enfant avec une fréquence plus importante chez la femme.

Quelles sont les manifestations ?

  • Douleur : elle est continue, extrêmement intense et généralement disproportionnée en durée et/ou en intensité par rapport à l’évolution habituelle du traumatisme responsable.
  • Sudation : le membre touché transpire facilement, il est chaud puis froid, oedématié et parfois, de coloration bleu sombre avec une peau fine, luisante, sans poils.
  • Perte de la mobilité et enraidissement de l’articulation
  • Plus rarement, on observe des séquelles atrophiques avec rétraction des tendons.

Avoir mal par intermittence durant des mois entraîne aussi des répercussions sur le moral et les personnes touchées souffrent souvent de dépression. Cette dépression est bien une conséquence et non, comme on le pensait autrefois, la cause de cette algodystrophie.

D'où vient ma douleur ?

Les mécanismes précis du SDRC sont mal connus. Il s’agirait d’une d'anomalie de la conduction nerveuse au niveau du membre qui a été traumatisé.

  • L'influx nerveux qui permet à l’information de passer de nerf en nerf circulerait à l’envers et finirait par transformer une sensation douloureuse normale en douleur très intense.
  • Une douleur qui dure anormalement longtemps après un traumatisme ou une opération pourrait faciliter son déclenchement.
  • Outre les traumatismes et les suites de chirurgie, les causes de l’algodystrophie sont nombreuses : grossesse, diabète, maladies hormonales, effets secondaires de certains médicaments.
  • Les personnalités anxiodépressives et la tendance à l’émotivité seraient aussi des facteurs favorisants. 

Quel est le diagnostic ?

  • A l’examen radiographique, on voit un os déminéralisé comme une “ostéoporose localisée“ en lien avec une modification de l’irrigation par les vaisseaux, les vaisseaux ne se dilatant plus et ne se contractant plus normalement.
  • Cet aspect radiographique disparaît avec le temps.
    En aucun cas, il ne s’agit d’une ostéoporose classique, il n’y a pas de fragilisation générale des os.

Mieux vivre avec un SDRC 

La reprise des activités quotidienne et le mouvement sont la pierre angulaire du traitement du SRDC.
Sa prise en charge repose  donc sur une prise en charge multimodale avec en position centrale de la rééducation avec un kinésithérapeute qui va aider de façon passive puis active les mouvements du membre.

​Principal objectif : réduire la douleur mais aussi lutter contre l’enraidissement et éviter l’immobilisation du membre.

Rééducation

La rééducation sera douce, progressive et surtout indolore : inutile de vous surpasser ou vous forcer en pensant bien faire.

  • Pendant la phase chaude : elle fait généralement appel au drainage ainsi qu'à la balnéothérapie pour lutter contre l’œdème.
  • Pendant la phase froide : la rééducation a pour but de limiter les rétractions des ligaments et de lutter contre l'enraidissement.
  • Une fois à la maison : reprendre les exercices en auto-rééducation et utiliser régulièrement le membre atteint pour augmenter progressivement ses capacités. En veillant à un ajustement équilibré de l’activité à la douleur afin d’éviter de déclencher des crises par une mobilisation forcée, excessive ou intempestive car tout est une question d’équilibre : trouver un bon rapport entre la durée de l’activité (qui fait augmenter la douleur) et le temps nécessaire pour récupérer (permettre à la douleur de revenir à l’état antérieur.

 

Traitement médicamenteux

  • Il est incontournable pour soulager au maximum et permettre une rééducation la moins douloureuse possible.
  • Les plus courants : les antalgiques (paracétamol, AINS) ou certains antidépresseurs ou anti-épileptiques, comme la gabapentine qui, à faible dose, ont des effets antalgiques sur la douleur d’origine neuropathique.
  • En cas de douleurs fortes, la xylocaïne en crème, les bisphosphonates ou la kétamine sont parfois utilisés. 

Autres approches non médicamenteuses

Elles vont également aider à soulager votre douleur et minimiser son impact sur la vie quotidienne.

  • Techniques de neurostimulation : en transcutané (TENS) ou par voie médullaire
  • Port de bas de contention pour limiter l'œdème.
  • Techniques de relaxation et soutien psychologique pour dépasser la peur du mouvement (kinésiophobie) lorsque la reprise d’activités s’avère difficile (anxiété, dépression, tendance à rester inactive ou à s’imaginer des scénarios catastrophe, peur de bouger, de se blesser à nouveau.)
  • Thérapie cognitivo-comportementale et hypnose peuvent également aider à mobiliser ses propres ressources pour mieux surmonter les peurs du mouvement, les pensées négatives et mieux gérer votre anxiété.

Bibliographie

  • Spicher S. Estebe J.-P. et al. Critères diagnostiques du syndrome douloureux régional complexe (SDRC). Douleur Analg 2014 ; 27 : 62-64.
  • Vincent B. et al. Les syndromes douloureux régionaux complexes (SDRC) de type I et II. Douleurs 2008 ; 9 :11-20.
  • Clère F. Le syndrome douloureux régional complexe est-il fréquent ? Douleurs 2007 ; 8 : 328.
  • Sichère  P. Questions posées au Docteur Jean Bruxelle à propos de l’algodystrophie. Douleurs 2007 ; 8 :266-268.
  • Dahan E. Quelles stratégies médicamenteuses dans la gestion de la douleur du SDRC 1 ? De l’essai randomisé à la méta-analyse et de la méta-analyse à la méta-analyse en réseau, Douleurs 2014 ; 15 :317-318.
  • Muller A. et al. Thérapeutiques « algologiques » des algodystrophies. Douleurs 2003 ; 4 :71-79.
  • Attal N. et al. L'algodystrophie : un syndrome douloureux toujours aussi complexe. La lettre de l’institut UPSA de la douleur 1998 ;7 :1-9.