mieux comprendre la douleur post-opératoire

La douleur chronique post-opératoire (DCPO) est définie par une douleur persistante dans la région du site opératoire qui se prolonge plus de deux mois après l'intervention.

Ce type de douleur n'a pas d'autre cause que la chirurgie et n'a pas de lien avec une douleur pré-opératoire ou une complication de la chirurgie.

La prévalence varie de 10% à 30% des patients opérés et elle dépend du type de chirurgie et de facteurs indépendants de la chirurgie.

D'où vient la douleur ?

  • Les douleurs chroniques post-opératoires peuvent se développer si des nerfs ont été endommagés durant l’intervention chirurgicale.
  • Les nerfs endommagés ne sont alors plus capables de transmettre correctement les signaux de diverses parties du corps vers le cerveau.
  • Les signaux deviennent exagérés, provoquant une douleur chronique pouvant persister pendant des mois voire des années.

Quelles sont les chirurgies concernées ?

  • Les interventions avec ouverture du thorax (thoracotomie), la chirurgie du sein (mastectomie), l’amputation ou encore les chirurgies orthopédiques lourdes au niveau du rachis ou au niveau d'une grosse articulation.
  • Des chirurgies plus bénignes et/ou fréquentes comme la cholécystectomie (ablation de la vésicule biliaire) ou la cure de hernie abdominale. 
  • Les chirurgies après fracture de la cheville ou du poignet, l’arthroscopie, la décompression au canal carpien ou encore après pose de matériel prothétique articulaire.

Quels sont les facteurs de riques ?

  • Une douleur pré-opératoire au niveau du site opératoire ou une douleur chronique au niveau d'un autre site, en particulier lors de la chirurgie du thorax ou orthopédique.
  • ​La prise d’antalgiques opioïdes au long cours avant l'intervention qui entraine une hypersensibilisation à la douleur.
  • Une douleur post-opératoire intense et mal contrôlée ou une demande excessive d’antalgiques. 
  • Le caractère neuropathique de la douleur post-opératoire. 
  • Un état anxieux, la peur d’avoir mal, la dépression, le pessimisme, les troubles du sommeil et l’absence de soutien : ce sont des éléments majeurs de stress et de chronicisation. 
  • Les vécus antérieurs et expériences malheureuses de la personne devant être opérée ou de son entourage.
  • Les circonstances dans lesquelles intervient la chirurgie : en cas d’accident du travail, lors de situations d’urgence ou de cancer.
  • Diabète, tabagisme et hypertension sont également associés au risque de survenue de DCPO.

Mieux vivre avec ma douleur

L’approche de traitement recommandée associe des médicaments par voie orale et par voie locale à des thérapies non médicamenteuses dans le cadre d’un accompagnement thérapeutique.

Un soutien psychologique est également souvent utile.

Traitements médicamenteux

  • Antalgiques
    • La plupart des antalgiques ont une efficacité modérée et/ou inconstante sur les douleurs neuropathiques.
    • Seul, le tramadol qui a une action centrale a montré une certaine efficacité sur le soulagement de ce type de douleur ainsi que sur les indices fonctionnels et la qualité de vie.
    • Quant aux morphiniques ou aux opioïdes forts, ils ne sont pas recommandés.
  • Les médicaments efficaces dans la DCPO sont les antidépresseurs et les antiépileptiques.
    • Les antidépresseurs agisant sur la sérotonine et la noradrénaline.
      • Sérotonine et noradrénaline sont deux substances présentes dans le système nerveux qui interviennent dans le contrôle des douleurs neuropathiques.
      • Ces antidépresseurs sont donc prescrits non pas comme antidépresseurs, mais pour leur action antalgique propre.
      • Outre leur action sur la douleur, ils vont également permettre d’améliorer le sommeil et le bien-être.
    • Les antiépileptiques (encore appelés anticonvulsivants)
      • Les antiépileptiques permettent de diminuer l’excitabilité des fibres nerveuses et donc, de soulager les douleurs neuropathiques.
      • Comme pour les antidépresseurs : ils sont prescrits pour leur action antalgique propre.
  • Médicaments en application locale
    • Ces traitements locaux ou topiques agissent uniquement au niveau de la zone du corps où ils sont appliqués. 
    • A base de lidocaïne ou la capsaïcine, ils se présentent sous forme de patch ou de crème et s'appliquent sur la peau,

Traitements non médicamenteux

  • La neurostimulation médullaire est une technique très efficace pour ce type de douleurs. Le principe est de stimuler les nerfs par un courant électrique qui va brouiller les messages de la douleur et la transformer en fourmillements légers.
  • D’autres techniques comme la neurostimulation transcutanée (TENS), l'acupuncture, la thermothérapie (thérapie par la chaleur), la mésothérapie et la  kinésithérapie peuvent être également très efficaces.

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