mieux comprendre la douleur post-opératoire

Il est normal d’avoir après une intervention chirurgicale, notamment durant les 12 à 24 heures qui suivent l’intervention. Puis, la douleur diminue progressivement les jours suivants.

Mais parfois, cette douleur ne se calme pas, dure des mois voire des années et est ressentie comme une douleur à type de piqûre, de brûlure avec des décharges électriques importantes ou encore de coup de poignard, d’élancements… localisée à l'endroit de la chirurgie. 

 Cette douleur qui dure après une intervention chirurgicale est appelée douleur chronique postopératoire (DCPO) ou douleur neuropathique postopératoire (DNPO).

En général, il faut attendre deux mois pour parler de douleurs chroniques post-opératoires.

Trois semaines après l'intervention, il est encore un peu tôt pour parler de douleurs chroniques post-opératoires : des muscles ont pu être étirés et abîmés par le chirurgien pour réaliser l'intervention.

Il n’y a pas directement de lien avec une intervention et une prise en charge adaptée est nécessaire. 

 

La douleur chronique postopératoire (DCPO) est définie par une douleur persistante au site de l’opération, inexistante avant l’acte, sans lien avec une complication liée à la chirurgie qui se prolonge plus de deux mois après l’intervention

Elle n’a pas d’autre cause identifiée que la chirurgie, ni de lien avec une douleur préopératoire.

à quoi est-elle due ?

  • Les douleurs chroniques post-opératoires peuvent se développer si des nerfs ont été endommagés durant l’intervention chirurgicale.
  • Les nerfs endommagés ne sont plus capables de transmettre correctement les signaux de diverses parties du corps vers le cerveau.
  • Les signaux deviennent exagérés provoquant une douleur chronique pouvant persister pendant des mois voire des années.
  • Environ 10% à 50% des patients développeraient une DCPO après une intervention chirurgicale et cela dépend du type de chirurgie.

 

quelles sont les chirurgies les plus douloureuses ?

  • Les interventions avec ouverture du thorax (thoracotomie), la chirurgie du sein (mastectomie), ), l’amputation ou encore les chirurgies orthopédiques lourdes et notamment celles portant sur le rachis ou une grosse articulation sont les chirurgies les plus susceptibles d’engendrer de douleurs chroniques post-opératoires. 
  • Des chirurgies plus bénignes et/ou fréquentes sont également concernées comme la cholécystectomie (ablation de la vésicule biliaire) encore l'herniorraphie (traitement des hernies).
  • Les chirurgies après fracture de la cheville ou du poignet, l’arthroscopie, la décompression au canal carpien ou encore après pose de matériel prothétique articulaire seraient également responsables de douleur chronique post-opératoire. 

Il existe également un certain nombre de facteurs de riques :

  • Une douleur préopératoire au niveau du site opératoire  en particulier lors de la chirurgie du thorax ou la chirurgie orthopédique
  • ​La prise d’antalgiques opioïdes au long cours avant l'intervention qui entraine une hypersensibilisation à la douleur
  • Une douleur postopératoire intense et mal contrôlée ou une demande excessive d’antalgiques est un véritable signe d’alarme. 
  • Le caractère neuropathique de la douleur en post-opératoire. 
  • Un état anxieux, la peur d’avoir mal, la dépression, le pessimisme, les troubles du sommeil et l’absence de soutien, angoisse sont des éléments majeurs de stress et de chronicisation. 
  • Les vécus antérieurs et expériences malheureuses de la personne devant être opérée ou de son entourage.
  • Les circonstances dans lesquelles intervient la chirurgie : en cas d’accident du travail par exemple, ou d’urgence ou encore de cancer .
  • Diabète, tabagisme et hypertension sont également significativement associés au risque de survenue DNPO

mieux vivre avec… 

L’approche de traitement recommandée associe des médicaments à action centrale à des thérapies non médicamenteuses dans le cadre d’un accompagnement thérapeutique.

Une soutien psychologique est également souvent utile.

Les médicaments

La plupart des antalgiques ont une efficacité modérée et/ou inconstante.

Seul, le tramadol qui a une action centrale a montré une certaine efficacité sur la douleur ainsi que sur les indices fonctionnels et la qualité de vie.

Quant aux morphiniques ou aux opioïdes forts, ils ne sont pas recommandés.

Les médicaments efficaces dans la DCPO sont les antidépresseurs et les antiépileptiques.

 

Les antidépresseurs

Les antidépresseurs agissent sur la sérotonine et la noradrénaline, deux substances présentes dans le cerveau qui interviennent dans le contrôle des douleurs neuropathiques.

Ils sont donc prescrits non pas comme antidépresseurs, mais pour leur action antalgique propre.

Outre leur action sur la douleur, ils vont également permettre d’améliorer votre sommeil et votre bien-être.

Les antiépileptiques (encore appelés anticonvulsivants)

Les antiépileptiques permettent de diminuer l’excitabilité des fibres nerveuses et donc, de soulager les douleurs neuropathiques.

Comme pour les antidépresseurs : la dose efficace est variable en fonction des personnes et le traitement débutera par des doses faibles à augmenter progressivement afin de rechercher la dose la plus efficace et réduire au maximum les effets secondaires.

Les médicaments en application locale

Il existe aussi un certain nombre de traitements “topiques“ qui agissent uniquement au niveau d'une zone du corps où ils sont appliqués. On les appelle traitements locaux ou topiques.

Ces traitements s'appliquent sur la peau, généralement sous forme de patch ou de crème.

Les traitement locaux utilisés dans la douleur neuropathique comprennent par exemple la lidocaïne ou la capsaïcine topiques.
 

Les traitements non médicamenteux

La neurostimulation médullaire est une technique très efficace pour ce type de douleurs.

Il s'agit d'implanter une électrode sur la moelle épinière qui va soulager la douleur en envoyant un courant électrique.

Le principe est de stimuler les nerfs par un courant électrique qui va brouiller les messages de la douleur et la transformer en fourmillements légers.

Un courant électrique de faible intensité va alors passer dans la moelle et transformer les douleurs en fourmillements.

D’autres techniques comme la neurostimulation transcutanée (TENS), l'acupuncture, la thermothérapie (thérapie par la chaleur) et la  kinésithérapie sont également très efficaces pour vous aider à contrôler votre douleur.

Parlez-en avec votre médecin, il est votre meilleur conseiller.

 

bibliographie

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