mieux comprendre les douleurs post-AVC

Après un Accident Vasculaire Cérébral (AVC), la douleur n’est pas rare.Ce syndrome appelé douleur neuropathique post AVC commence habituellement entre quelques jours à quelques semaines après l’AVC.

La douleur est modérée et se caractérise surtout par :

une hyperalgésieou une allodynie, douleur en réponse à un toucher léger, un courant d’air…  Chez certaines personnes, seules de petites zones sont touchées comme des parties du visage ou un pied.Chez d’autres, elle peut affecter de plus grandes zones comme une moitié entière du corps, un membre supérieur ou un membre inférieur.Les douleurs les plus fréquentes sont :

des douleurs musculo-squelettiques, en particulier au niveau de l’épaule ou du pied

des maux de têtedes douleur liée à des spasmes douloureux

A type de fourmillement, de brûlure,  d’engourdissement ou encore de décharges électriques, la douleur peut être spontanée ou provoquée, ou les deux.

Le début de la douleur est souvent insidieux et les principaux facteurs de déclenchement sont le stress émotionnel, le toucher et le froid

La douleur après un AVC est une urgence médicale qui nécessite une prise en charge rapide par une équipe spécialisée

 

mieux vivre avec…

  • La douleur après un AVC requiert une prise en charge pluridisciplinaire et personnalisée.
  • Elle associe des traitements médicamenteux, de la rééducation fonctionnelle et un soutien psychologique.
  • La douleur sera évaluée régulièrement afin de juger l’efficacité et la tolérance des traitements mis en place. 

 

 

Le traitement médicamenteux

Il doit être personnalisé et tenir compte des médications associées et des autres symptômes comme la dépression ou les problèmes de sommeil.

 

  • En première intention
  • Les traitements recommandés sont les antidépresseurs (l’amitriptyline) et les anticonvulsivant (lamotrigine)
  • La lamotrigine est notamment efficace contre la douleur persistante et la douleur provoquée par le froid.

 

  • En 2ème intention, la gabapentine qui est également un anticonvulsivant.​

Les antidépresseurs agissent sur la sérotonine et la noradrénaline, deux substances présentes dans le cerveau qui interviennent dans le contrôle des douleurs neuropathiques. Ils sont donc souvent prescrits non pas comme antidépresseurs, mais pour leur action antalgique propre.

Les anticonvulsivants (ou antiépileptiques) permettent de diminuer l’excitabilité des fibres nerveuses et donc, de soulager les douleurs neuropathiques.

 

  • La duloxétine (antidépresseur) peut également être prescrit pour soulager l’allodynie mécanique et l’allodynie au froid.
  • Le tramadol peut être utilisé comme médication additionnelle.

 

  • En cas de maux de tête, l’utilisation des antalgiques usuels comme le paracétamol ou les AINS est généralement suffisant. S’ils se chronicisent, votre médecin pourra vous proposer des traitements de fond comme les bêtabloquants ou l’amitriptyline.
  • En cas de douleurs d’épaules, votre médecin pourra également vous prescrire des infiltrations intra-articulaires de corticoïdes.
  • Les douleurs sont d’origine musculaire sont quant à elles souvent améliorées par les antispasmodiques (bacloféne, dantrium).

 

 

 

Les traitements non-pharmacologiques

Neuromodulation

  • Lorsque les médicaments n’apportent pas de soulagement suffisant, la stimulation répétitive trans-crânienne (rTMS), la stimulation cérébrale profonde (SCP) et la stimulation du cortex moteur (SCM) peut être envisagée.
  • La stimulation magnétique peut notamment améliorer la récupération fonctionnelle soit en augmentant l’activité directement au niveau de l’hémisphère lésé, soit en supprimant le “frein“ exercé par l’hémisphère sain.
  • Une nouvelle piste d’amélioration de la rééducation post-AVC pourrait combiner la rTMS à la stimulation magnétique périphérique.

 

Techniques physiques

  • L’objectif de la la rééducation fonctionnelle ou de la kinésithérapie est de lutter contre les raideurs articulaires qui sont elles-mêmes douloureuses.
  • Les mobilisations articulaires passives doivent être douces, amples et surtout indolores.
  • Les exercices d’étirement et de stretching sont très utiles pour lutter contre la spasticité musculaire.

 

 

Techniques psychologiques

  • La prise en charge psychologique peut être utile notamment chez les personnes anxieuse ou dépressive.
  • Elle va apporter un soulagement et accélérer la reprise de votre autonomie.

 

 

comment prévenir les douleurs post-AVC ?

 

Respectez les recommandations de posture pour la position couchée, assise et de marche.

  • Changez souvent de position.
  • Si vous êtes sur le dos, idéalement, votre jambe doit être étendue (genou en extension), en rotation neutre et votre cheville à angle droit dans une botte en mouse, par exemple.
  • Votre bras peut être surélevé sur un oreiller, la main à plat.
  • Si vous souhaitez vous mettre sur le coté, éviter le profil strict afin de ne pas surcharger les zones d’appui (épaule, bassin, genou, malléole...).
  • Évitez de garder la même position pendant une longue période de temps.
  • Surveillez vos niveaux de douleur au quotidien et prenez-les en note.
  • Suivez les étapes de votre traitement pour la gestion de la douleur.
  • Parfois la physiothérapie, les massages et les antidouleurs peuvent soulager

 

 

 

sources

  • Kessomtini W. Les douleurs de l’hémiplégique vasculaire du diagnostic à la prise en charge thérapeutique. Douleurs 2015; 16: 32-37.
  • Laurent B. et al. Douleurs neuropathiques centrales post-AVC. Douleurs 2007 ; 8: 40-42.
  • Martinez V. et al. Les douleurs neuropathiques chroniques : diagnostic, évaluation et traitement en médecine ambulatoire. Recommandations pour la pratique clinique de la Société française d’étude et de traitement de la douleur. Douleurs 2010 ; 11: 3-21.
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). Accident vasculaire cérébral. Paris ; 2013.
  • Klit M. et al. Diagnostic, prévalence, caractéristiques, et traitement de la douleur neuropathique post-accident vasculaire cérébral. Pain, clinical updates. avril 2015. 




 

thérapie

thérapie

renseignez-vous sur la neurostimulation magnétique

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies destinés à améliorer la performance de ce site et à vous proposer des services et contenus personnalisés. En savoir plus Fermer

,