mieux comprendre la névralgie post-zostérienne

La névralgie post-zostérienne ou post-zona est la complication chronique la plus fréquente du zona qui se manifeste par une douleur persistante sur et autour de la zone de la peau qui a été touchée (éruption cutanée)

Les poussées de zona (virus herpes zoster) provoquent des éruptions vésiculeuses sous forme de plaques localisées sur le corps ou le visage, qui correspondent au territoire d’un nerf. Ces plaques sont souvent accompagnées de fortes douleurs. Après la disparition des vésicules caractéristiques du zona, la douleur peut encore persister pendant un à deux mois puis disparaît dans la plupart des cas.

Chez 15 à 30% des personnes, des douleurs parfois violentes persistent plus de trois mois même après la guérison totale de l’ensemble des lésions cutanées. Elles touchent principalement les personnes âgées de plus de 60 ans.

Quelles sont les manifestations ?

  • Modification de la sensibilité de la douleur
    • Chez certaines personnes, elle provoque des douleurs terribles au contact d'un simple drap.
    • Chez d'autres au contraire, elle peut rendre indolore une blessure au pied, ou imperceptible le sentiment de transpiration et l'accélération du rythme cardiaque (lors d'une hypoglycémie, par exemple)
  • La douleur
    • Elle est décrite comme une sensation de brûlure ou une douleur qui ronge.
    • Elle est unilatérale (d’un seul côté) et concerne le territoire du zona appelé dermatome avec des démangeaisons et une diminution de la sensibilité ou au contraire, une hypersensibilité (le froid, le vent, la chaleur ou encore le simple frottement de vêtements ou un courant d’air sur la zone touchée provoque de la douleur).
    • Elle peut durer des mois ou des années et est rebelles aux antalgiques classiques.
    • Son apparition est favorisée par l’importance de l’éruption cutanée et l’intensité des douleurs qui l’ont accompagnée.
    • Elle est légère ou modérée dans la plupart des cas mais peut atteindre des degrés divers jusqu'à être invalidante, altérer la qualité de vie et entraîner de l'anxiété et de la dépression.
  • Des troubles, accompagnés ou non de douleurs diverses et parfois nocturnes au niveau :
    • des membres inférieurs (pieds, jambes,...).
    • de l'appareil digestif (diarrhée, constipation,...)  
    • du système urinaire (mauvais contrôle de la vessie et de la miction)
    • du rythme cardiaque et de la pression artérielle, avec des sensations de vertige au lever par chute de la tension artérielle (hypotension orthostatique)
    • de l'activité sexuelle (trouble de l'érection, impuissance,...) (Voir les complications sexuelles du diabète dans ce dossier) etc.
  • La disparition des réflexes peut également être un signe de neuropathie. Mais la présence et l'évolution de la maladie peuvent être silencieuses. 

L’atteinte des nerfs périphériques peut se présenter sous plusieurs formes :

  • Polyneuropathie diabétique ou polynévrite 
    • Elle atteint les jambes de façon assez symétrique, en débutant au niveau des pieds et en remontant le long des jambes en donnant des troubles qui ont une topographie « en chaussettes »
    • La douleur est comparée à des fourmillements et des sensations désagréables (paresthésies) ou un engourdissement dans les pieds
    • Ces signes apparaissent insidieusement et très progressivement sur plusieurs mois, voire sur plusieurs années.
    • Cela peut entraîner une diminution ou une perte de la sensibilité des pieds, qui favorise l’apparition de plaies, appelée « ulcères ». Les signes moteurs sont plus tardifs car il s’agit de fibres nerveuses mieux protégées et plus résistantes.
  • Mononeuropathie diabétique 
    • Il s’agit le plus souvent d’une atteinte du nerf crural à la cuisse (cruralgie) ou d’une atteinte du nerf médian au poignet (syndrome du canal carpien).
    • Si plusieurs nerfs périphériques situés dans des zones différentes du corps sont atteints, on parle alors de “mononeuropathie multiple“
    • Cette mononeuropathie se traduit généralement par une extrême sensibilité de la peau (allodynie), et une douleur intense et à type de brûlure ou de sensation de courant électrique, avec une faiblesse et des difficultés de la commande motrice dans le membre touché.
    • Le plus souvent, ces signes sont d’apparition brutale et ils régressent en quelques mois.

D'où vient ma douleur ? 

  • Si on parle de “névralgie“ post-zostérienne, c’est parce que la douleur est de type neuropathique (liée à une lésion des fibres nerveuses qui transmettent les sensations).
  • Endommagées lors de l’épisode de zona, ces fibres envoient des informations erronées au cerveau sur ce qui se passe au niveau des muscles, de la peau…
  • Le système nerveux reçoit les messages de douleur, sans aucune raison. Pourtant, la douleur est bien réelle…

Mieux vivre avec ma douleur

La plupart des antalgiques ont une efficacité modérée et/ou inconstante.

L’approche de traitement recommandée associe des médicaments à action centrale et des médicaments à action locale.  

Médicaments à action centrale

  • Antalgiques
    • Seul, le tramadol qui a une action centrale a montré une certaine efficacité sur la douleur ainsi que sur les indices fonctionnels et la qualité de vie.
    • Quant aux morphiniques ou aux opioïdes forts, ils ne sont pas recommandés.
    • Les médicaments efficaces dans la névralgie post-zostériennes sont les antidépresseurs et les antiépileptiques.
  • Antidépresseurs
    • Ils agissent sur la sérotonine et la noradrénaline, deux substances présentes dans le cerveau qui interviennent dans le contrôle des douleurs neuropathiques.
    • Ils sont donc souvent prescrits non pas comme antidépresseurs, mais pour leur action antalgique propre.
    • Outre leur action sur la douleur, ils vont également permettre d’améliorer votre sommeil et votre bien-être.
    • La dose efficace est variable en fonction des personnes et le traitement débutera par des doses faibles à augmenter progressivement par palier de 2 à 3 jours, si nécessaire.
  • Antiépileptiques (encore appelés anticonvulsivants)
    • Ils permettent de diminuer l’excitabilité des fibres nerveuses et donc, de soulager les douleurs neuropathiques de la névralgie.
    • Comme pour les antidépresseurs : la dose efficace est variable en fonction des personnes et le traitement débutera par des doses faibles à augmenter progressivement afin de rechercher la dose la plus efficace et réduire au maximum les effets secondaires.

Médicaments à action locale

  • Sous forme de patch ou compresse adhésive, ils sont à apppliquer sur la peau au niveau de la zone douloureuse et agissent sur les terminaisons nerveuses responsables de la douleur.
  • Ils sont à base de lidocaïne, un anesthésique ou de capsaïcine, substance extraite du piment.

Traitements non médicamenteux

  • Relaxation, yoga, méditation et hypnose : des solutions pour apporter un sentiment de bien-être, améliorer le sommeil et apprendre à mieux gérer la douleur et les pensées négatives.
  • TENS, acupuncture et sophrologie : des moyens pour mieux faire face à vos symptômes et minimiser leur impact sur votre vie quotidienne.

Comment prévenir les douleurs post-zostériennes ?

  • 2 mesures permettent de réduire le risque de survenue des douleurs post-zona 
    • Les médicaments antiviraux dès l’apparition du zona (dans les 72 premières heures) permettent de réduire l’atteinte cutanée, sa durée et l’intensité douloureuse.  
    • La vaccination, recommandée chez les personnes de plus de 65 ans.

Qui et quand consulter ?

  • Si vous ressentez des douleurs de type « brûlure », « élancement » ou « piqûre »
  • Si  certaines zones de votre peau sont très sensibles et qu’il est par exemple douloureux de porter un vêtement dans cette zone 
  • Alors, n’hésitez pas remplir le questionnaire DN4 et à votre médecin dès que vous le pouvez.
  • Parallèlement, pensez à note la nature et l’emplacement de votre douleur et à repérer les moments et situations qui aggravent la douleur.
  • De même, si vous éprouvez d’autres effets connexes tels que la somnolence ou la dépression. 
  • Pensez également à informer votre médecin que vous avez eu un zona par le passé et que vous ressentez à présent une douleur chronique dans la zone concernée.
  • Un traitement précoce peut influencer positivement l'évolution de la névralgie post-zostérienne, il est donc important d'agir rapidement.

Bibliographie

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