mieux comprendre la céphalée de tension

La céphalée de tension est le mal de tête le plus fréquent, à égalité chez les hommes et chez les femmes.

Son nom vient du fait que :

  • elle s’accompagne d’une sensation de tension ou de serrement
  • sur les deux côtés de la tête
  • sans élancement ni pulsation.

​On parle d’une douleur “en casque“ ou “en étau“.

La douleur est habituellement de légère à modérée et souvent déclenchée par le stress, la faim, la fatigue, la prise de médicaments, les règles… 

Elle est localisée dans le cou et la nuque, sur les tempes, voire sur le front. Parfois, elle descend dans les trapèzes, le muscle de l’épaule et de la nuque

A la différence de la migraine, la douleur ne s’aggrave pas avec l’effort (comme monter des escaliers) et n'est pas associée à des troubles digestifs de type nausées ou vomissements, à moins que la douleur ne soit forte.

Elle peut être associée à une hypersensibilité au bruit (phonophobie) ou à la lumière (photophobie) mais pas aux deux.

Il n’y a pas d’aura (symptômes visuels ou neurologiques qui surviennent 20 à 30 minutes avant le mal de tête).

 

 

Comme la migraine, la céphalée de tension est une céphalée primaire.

  • Elle survient sans aucun lien avec une autre pathologie, une anomalie ou un traumatisme identifiable.
  • C’est une maladie à part entière et l’examen clinique est donc normal.


La plupart du temps, les crises surviennent de temps à autre : on dit que la céphalée est épisodique.

Elle peut néanmoins évoluer à la chronicité avec des crises quasi tous les jours sous l’influence de prises trop fréquentes de médicaments contre la douleur (antalgiques ou antimigraineux).

La surconsommation de médicaments induit une accoutumance avec majoration des céphalées qui pousse à l’augmentation des doses. Le cercle vicieux peut être difficile à rompre, menant à des crises quasi tous les jours.

On parle alors de Céphalées Chroniques Quotidiennes (CCQ).

La dépression et l’anxiété peuvent également favoriser la chronicisation de la céphalée de tension.    

quelles différences entre céphalée de tension et migraine ?

 

 

migraine

céphalée de tension

Localisation d'un seul côté des deux côtés
Durée 4 à 72 heures 30 mn à 7 jours
Intensité modérée à sévère plutôt légère à modérée
Caractère pulsatile “coups de marteaux“ étau, compression
Aura avec sans
Signes digestifs (nausées, vomissements) sans sans
Signes d'accompagnement phonophobie et/ou photophobie plus rare, l'un ou l'autre mais pas les deux
Impact de l'effort physique aggravation pas d'aggravation

 

à quoi est-elle due ?

La céphalée de tension épisodique est une maladie d’origine musculaire.

  • Bien que l’électromyographie (EMG) ne détecte pas toujours une augmentation de la tension musculaire, les muscles de la tête et du cou chez une personne qui souffre d’une céphalée de tension sont la plupart du temps tendus, même sans mal de tête.
  • Et la douleur serait liée avec une augmentation de la tension et de la sensibilité des muscles, souvent favorisée par la posture.

 

La céphalée de tension chronique est probablement plus liée à un mauvais fonctionnement des systèmes de contrôle de la douleur que l’on retrouve dans d’autres douleurs dites par dysfonctionnement comme la fibromyalgie.

  • La céphalée est alors un signal d’alarme de l’organisme s’exprimant au niveau de terminaisons nerveuses de la tête comme si le corps prenait la place du langage pour exprimer une difficulté ou une souffrance.

Dans les deux formes, une mauvaise gestion du stress est fréquente.

 

mieux vivre avec…

  • Le traitement de la céphalée épisodique peu fréquente repose essentiellement sur le traitement pharmacologique des épisodes douloureux limité  à la prise de paracétamol ou d’AINS.
  • L’utilisation répétée et au long cours d'antalgiques doit cependant être évitée afin de prévenir l'abus médicamenteux et donc la chronicisation de la céphalée.
  • Le traitement de la céphalée épisodique fréquente et de la céphalée de tension chronique est plus complexe et la prise en charge doit associer un traitement médicamenteux de fond couplé  traitement non pharmacologique permettant une meilleure gestion du stress et une limitation des facteurs musculaires d'entretien.

le traitement de fond

  • Prescrits à faible dose, les antidépresseurs sont les médicaments recommandés en traitement de fond des céphalées de tension.
  • Non pour agir au niveau de la dépression mais parce qu'ils modifient le niveau de la douleur en agissant sur les centres de la sérotonine et de la noradrénaline du cerveau.
  • La dose efficace est variable en fonction des personnes et le traitement débutera par des doses faibles à augmenter progressivement par palier de 2 à 3 jours, si nécessaire.

 

la gestion du stress

  • Le stress joue un rôle certain dans la survenue et l’entretien de la céphalée de tension chronique.
  • C’est pourquoi massages, séances de kinésithérapie ou de relaxation, sophrologie et hypnose sont les compléments bienvenus de la psychothérapie.
  • Ces stratégies d’autogestion vous aideront à mieux réagir face à la crise ainsi que de diminuer le tonus des muscles au niveau du cou et modifier vos habitudes posturales.

 

la psychothérapie

L’objectif de la psychothérapie est d’apprendre à gérer vos crises, d’aller plus loin dans la compréhension de votre stress avec comme but d’être moins sensible lorsque des situations de stress se présentent à vous.

Il existe de nombreuses modalités de psychothérapies, à discuter avec votre médecin ou votre psychologue.

  • Certaines techniques sont plus pragmatiques (thérapies comportementales et cognitives), d’autres sont plus introspectives (psychanalyse).
  • Certaines sont qualifiées de thérapies brèves, d’autres nécessitent un engagement plus long.
  • Certaines peuvent vous aider à passer un cap, d’autres à repenser plus largement vos objectifs.

Ces approches ne s’excluent pas et peuvent être complémentaires ou être effectuées successivement.

 

qui et quand consulter ?

Consulter votre médecin traitant si :

  • Vos maux de tête se font de plus en plus fréquents et/ou douloureux au fil des semaines.
  • La douleur est inhabituelle, plus importante et/ou plus durable qu’habituellement.
  • Aucun traitement ne permet de soulager vos maux de tête. 

Il confirmera le diagnostic et vous prescrira un traitement adapté.

En cas de crises résistantes aux traitements mis en place ou si vos maux de tête vous gêne dans votre vie personnelle ou professionnelle, il pourra vous adresser à  un médecin spécialiste ayant une compétence particulière dans la prise en charge des céphalées. Il s’agit le plus souvent d’un neurologue.

En dernier recours, une consultation au sein d’une unité spécialisée dans les céphalées ou d’une structure de prise en charge de la douleur peut être proposée.

 

bibliographie

  • Lantéri-Minet M. Demarquay G. et al.  Démarche diagnostique générale devant une céphalée chronique quotidienne (CCQ) – Prise en charge d’une CCQ chez le migraineux : céphalée par abus médicamenteux et migraine chronique/Recommandations de la SFEMC, ANLLF et SFETD. Douleurs 2014 ; 15(5) : 216-231.
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  • Ashina S, Ashina M. Current and potential future drug therapies for tension-type headache. Current Pain and Headache Reports 2003; 7(6): 1531-3433.
  • Sichère P. Questions posées au Docteur Dominique Valade à propos des liens entre céphalées et cervicalgies. Douleurs 2007 ; 8 :193-195.
  • Adelman LC. Venlafaxine extended release (XR) for the prophylaxis of migraine and tension-type headache: A retrospective study in a clinical setting. Headache 2001; 40(7): 572-580.

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