mieux comprendre la céphalée de tension

La céphalée de tension est la céphalée (mal de tête) la plus fréquente, à égalité chez les hommes et chez les femmes. 

Son nom vient du fait qu'elle s’accompagne d’une sensation de tension ou de serrement sur les deux côtés de la tête, sans élancement ni pulsation.​ On parle d’une douleur “en casque“ ou “en étau“.

Comme la migraine, la céphalée de tension est une céphalée primaire c'est-à-dire qu'elle n'est pas symptômatique d'une affection et survient sans aucun lien avec une autre pathologie. 

Quelles sont les manifestations ? 

  • Douleur
    • Elle est localisée dans le cou et la nuque, sur les tempes, sur le front et descend dans les trapèzes, le muscle de l’épaule. 
    • Elle est souvent déclenchée par le stress, la faim, la fatigue, la prise de médicaments, les règles…
    • Son intensité est habituellement faible à modérée mais la durée peut être importante jusqu'à 7 jours pour les épisodes de céphalées épisodiques voire contnue dans la céphalée de tension chronique. 
    • A la différence de la migraine, la douleur n'est pas aggravée par les activités physiques de routine (comme monter des escaliers) et n'est pas associée à des troubles digestifs de type nausées ou vomissements, à moins que la douleur ne soit forte.
  • Hypersensibilité aux stimulations de l'environnement :
    • Gène au bruit (phonophobie) ou à la lumière (photophobie) mais pas les deux en même temps.

D’où vient ma douleur ?

  • La céphalée de tension épisodique est une maladie d’origine musculaire et la douleur serait liée à une augmentation de la tension et de la sensibilité des muscles, souvent favorisée par la posture.
  • La céphalée de tension chronique serait liée à un mauvais fonctionnement des systèmes de contrôle de la douleur que l’on retrouve dans d’autres douleurs dites par dysfonctionnement comme la fibromyalgie. La céphalée est alors un signal d’alarme de l’organisme s’exprimant au niveau de terminaisons nerveuses de la tête comme si le corps prenait la place du langage pour exprimer une difficulté ou une souffrance.
  • Dans les deux formes, une mauvaise gestion du stress est fréquente.

Commment évolue-t-elle ?

  • La plupart du temps, les crises surviennent de temps à autre : on dit que la céphalée est épisodique.
  • Elle peut néanmoins évoluer à la chronicité avec des crises quasi tous les jours sous l’influence de prises trop fréquentes de médicaments contre la douleur (antalgiques ou antimigraineux) qui induit une accoutumance avec majoration des céphalées et pousse à l’augmentation des doses. Le cercle vicieux peut être difficile à rompre, menant à des crises quasi tous les jours. On parle alors de Céphalées Chroniques Quotidiennes (CCQ).
  • La dépression et l’anxiété peuvent également favoriser la chronicisation de la céphalée de tension.  

Différences entre céphalée de tension et migraine ?

 

  Migraine Céphalée de tension
Localisation d'un seul côté des deux côtés
Durée 4 à 72 heures 30 mn à 7 jours
Intensité modérée à sévère plutôt légère à modérée
Caractère pulsatile “coups de marteaux“ étau, compression
Aura avec sans
Signes digestifs  sans sans
Signes d'accompagnement phonophobie et/ou photophobie plus rare, l'un ou l'autre mais pas les deux
Impact de l'effort physique aggravation pas d'aggravation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mieux vivre avec ma céphalée de tension

Le traitement de la céphalée épisodique peu fréquente repose sur le traitement pharmacologique des épisodes douloureux (paracétamol et AINS). L’utilisation répétée et au long cours d'antalgiques doit cependant être évitée afin de prévenir l'abus médicamenteux et donc la chronicisation de la céphalée.

Le traitement de la céphalée épisodique fréquente et de la céphalée de tension chronique associe un traitement médicamenteux de fond et un traitement non pharmacologique permettant une meilleure gestion du stress et une limitation des facteurs musculaires d'entretien.

Traitements médicamenteux 

  • Prescrits à faible dose, les antidépresseurs sont les médicaments recommandés en traitement de fond des céphalées de tension.
  • Non pour agir au niveau de la dépression mais parce qu'ils modifient le niveau de la douleur en agissant sur les centres de la sérotonine et de la noradrénaline du cerveau.
  • La dose efficace est variable en fonction des personnes et le traitement débutera par des doses faibles à augmenter progressivement par palier de 2 à 3 jours, si nécessaire.

Traitements non médicamenteux

  • Psychothérapie
    • Elle permet d’apprendre à gérer vos crises, d’aller plus loin dans la compréhension de votre stress avec comme but d’être moins sensible lorsque des situations de stress se présentent à vous.
    • Il existe de nombreuses modalités, parlez en avec votre médecin.
  • Gestion du stress
    • Le stress joue un rôle certain dans la survenue et l’entretien de la céphalée de tension chronique.
    • Des stratégies d’autogestion aident à mieux réagir face à la crise, permettent de diminuer le tonus des muscles au niveau du cou et de modifier vos habitudes posturales.
    • Massages, séances de kinésithérapie ou de relaxation, sophrologie et hypnose sont les techniques les plus recommandées.

Qui et quand consulter ?

Consulter votre médecin traitant qui confirmera le diagnostic et vous prescrira un traitement adapté si :
  • Vos maux de tête se font de plus en plus fréquents et/ou douloureux au fil des semaines.
  • La douleur est inhabituelle, plus importante et/ou plus durable qu’habituellement.
  • Aucun traitement ne permet de soulager vos maux de tête. 

En cas de crises résistantes aux traitements mis en place ou si vos maux de tête vous gêne dans votre vie personnelle ou professionnelle, il pourra vous adresser à  un médecin spécialiste ayant une compétence particulière dans la prise en charge des céphalées. Il s’agit le plus souvent d’un neurologue.
En dernier recours, une consultation au sein d’une unité spécialisée dans les céphalées ou d’une structure de prise en charge de la douleur peut être proposée.

Bibliographie

  • Lantéri-Minet M. Demarquay G. et al.  Démarche diagnostique générale devant une céphalée chronique quotidienne (CCQ) – Prise en charge d’une CCQ chez le migraineux : céphalée par abus médicamenteux et migraine chronique/Recommandations de la SFEMC, ANLLF et SFETD. Douleurs 2014 ; 15(5) : 216-231.
  • Headache Classification Committee. The International Classification of Headache Disorders: 3rd edition beta version Cephalalgia 2013 ;  33 : 629-808
  • Ashina S, Ashina M. Current and potential future drug therapies for tension-type headache. Current Pain and Headache Reports 2003; 7(6): 1531-3433.
  • Sichère P. Questions posées au Docteur Dominique Valade à propos des liens entre céphalées et cervicalgies. Douleurs 2007 ; 8 :193-195.
  • Adelman LC. Venlafaxine extended release (XR) for the prophylaxis of migraine and tension-type headache: A retrospective study in a clinical setting. Headache 2001; 40(7): 572-580.
,