mieux comprendre l'arthrose

L’arthrose est une maladie articulaire chronique liée à la dégradation progressive du cartilage sous l’effet de l’âge et à la formation d'ostéophytes.

Elle touche principalement la colonne vertébrale au niveau des vertèbres lombaires (bas du dos) et des vertèbres cervicales (cou).

Les doigts (arthrose digitale), le genou (gonarthrose) et la hanche (coxarthrose) sont également fréquemment touchés.

Quelles sont les manifestations ?

  • Douleur
    • C'est le symptôme qui apparaît souvent en premier et survient surtout lorsque l’articulation est sollicitée : par exemple, lors de la marche ou d’un changement de position, à la montée ou à la descente des escaliers…
    • Absente au réveil, elle augmente progressivement au cours de la journée pour devenir maximale le soir.
    • Elle peut être la source de réveils durant la nuit ou ralentir l'endormissement.
    • Elle est soulagée avec le repos.
  • Raideur articulaire
    • Au réveil, l’articulation peut être raide et a besoin d’un “dérouillage“ durant quelques minutes…
  • Episodes inflammatoires au sein de l’articulation sous forme de “crises“
    • L’articulation est plus douloureuse et peut être rouge et gonflée.
    • La douleur peut réveiller la nuit, la raideur matinale est plus importante et le temps passé à “dérouiller“ l’articulation plus long.
    • Ces épisodes sont transitoires et correspondent à la destruction de fragments de cartilage qui se sont détachés dans l’articulation.
  • Déformations des articulations, notamment lorsqu'elle se situe au niveau des doigts ou des pieds.

Comment est réaliser le diagnostic ? 

  • Il est posé grâce à l’interrogatoire et à l’examen clinique et est confirmé par des examens complémentaires simples comme la radiographie standard.
  • Le recours à des examens plus sophistiqués (scanner, IRM) est utile dans les cas débutants, chez les personnes jeunes ou lorsqu'on recherche des atteintes associées.

Comment s'effectue la surveillance ?

  • La radiographie des lésions : cet examen est un précieux outil d'évaluation de la perte cartilagineuse et est très utile, en particulier suite à une crise d'arthrose douloureuse.
  • La manière la plus efficace de prévenir la perte du cartilage est de repérer très vite la crises d'arthrose pour la traiter rapidement. 

D’où vient ma douleur ?

  • Pour ressentir la sensation de douleur, il faut que notre cerveau soit informé que "ça fait mal quelque part" et cela nécessite que les messages des terminaisons nerveuses circulent le long des nerfs qui vont de la moelle épinière et jusqu’au cerveau.
  • Or, le cartilage n'est pas innervé. Donc à priori, l’arthrose qui est une maladie du cartilage ne devrait pas être douloureuse…
  • Et pourtant, elle l’est bel et bien !

2 théories explique la douleur de la personne arthrosique :

  • La souffrance des tissus de voisinage (membrane synoviale, os situé sous le cartilage, ligaments et/ou tendons) qui sont, eux, largement innervés 
  • Le cartilage qui lorsqu'il devient malade montre l'apparition de terminaisons nerveuses. Le terme technique est néo-neuro-genèse.

Quels sont les facteurs de risque ? 

  • Positions ou actions répétées fréquemment dans le cadre de son activité professionnelle : ces sollicitations répétées peuvent créer des lésions microscopiques et fragilisent les articulations. Cela est fréquent dans les activités sportives et de loisir (haltérophilie, rugby…)
  • Traumatismes articulaires : entorses graves, fractures articulaires touchant le ligament croisé du genou ou encore l'ablation totale d’un ménisque du genou.
  • Surcharge pondérale
  • Age : si on note une augmentation de la fréquence de l'arthrose avec l’âge, l’arthrose ne peut être considérée comme un mécanisme normal de vieillissement. On peut parfaitement vieillir sans avoir de l’arthrose ou au contraire, en souffrir tout en étant relativement jeune !​ 
  • Ménopause
  • Antécédents familiaux : des facteurs héréditaires semblent tenir une place dans l'apparition de l'arthrose. Une femme a par exemple plus de risques de souffrir d'arthrose des doigts si sa mère ou une de ses tantes (du côté paternel ou maternel) en ont développé une. 
  • Anomalies anatomiques : certaines déformations des membres et des anomalies du squelette sont des causes possibles d'arthrose créant des zones d'hyperpression. C’est le cas notamment chez les personnes présentant un genu varum  (les deux genoux s'écartent l'un de l'autre, jambes en "O"), un genu valgum (les genoux se rapprochent l'un de l'autre, jambes en "X") ou encore une luxation congénitale de hanche.

Comment évolue-t-elle ?  

Impossible à prévoir, elle peut selon les patients :

  • Se dérouler très lentement sur quelques dizaines d'années.
  • Se faire très vite en seulement un ou deux ans.
  • S'étendre sur une période plus ou moins importante, parsemée de crises douloureuses aigües ou de "poussées inflammatoires". Durant ces périodes douloureuses, le cartilage se dégrade plus rapidement.

Mieux vivre avec l'arthrose 

Le traitement de l’arthrose repose essentiellement sur un traitement médicamenteux pour soulager les douleurs et améliorer le fonctionnement de l'articulation combiné à des mesures hygiéno-diététiques pour ralentir la progression de la maladie.

Traitements médicamenteux

  • Antalgiques (anti-douleur) et AINS (anti-inflammatoire non stéroïdiens)
    • Antalgiques de palier 1 : ce sont les médicaments de choix utilisés essentiellement pendant la phase de crise pour calmer la douleur.
      • Même si son efficacité est modérée, le paracétamol est l’antalgique de référence.
      • En cas de soulagement insuffisant, et surtout en présence de signes inflammatoires (douleurs qui surviennent la nuit, gonflement, rougeur...),  les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent être utiles, seuls ou en association.
      • Avantage : les AINS existent aussi sous forme de gel ou de pommade pour une application locale sur la zone concernée (genou par exemple)
      • Inconvénients : ils sont responsables d’effets secondaires de type digestifs ou de réactions cutanées allergiques. 
    • Antalgiques de palier 2 : à base d’opioïdes, de tramadol ou de codéine, ils sont une bonne alternative en cas de douleurs plus fortes.
      • ​​Inconvénients : ils induisent des effets secondaires de type somnolence, nausées ou vertiges.
    • Antalgiques de palier 3 : plus rarement prescrits, ils sont utiles dans les arthroses invalidantes inopérables.
  • Anti-arthrosiques symptomatiques d’action lente ou AASAL
    • A base de glucosamine, chondroïtine, diacerhéïne ou insaponifiables d’huiles d’avocat et de soja, ils permettent de limiter les poussées douloureuses et d’améliorer la qualité de vie
    • Leur action apparaît après plusieurs semaines de traitement.
    • Ils ne sont plus remboursés. 
  • Phytothérapie
    • L’ortie, la prêle, le cassis, l’arnica ont des propriétés anti-inflammatoires et/ou revitalisantes et peuvent participer au soulagement de votre douleur

Traitements non mdicamenteux

  • Activité physique
    • Se mettre au repos et rester assis chez soi est à éviter : ces situations risquent d’enraidir les articulations, de les fragiliser et de dégrader le cartilage.
    • En revanche, une activité générale régulière permet d’améliorer l'environnement de l’articulation et de renforcer les muscles et les tendons qui entourent l’articulation.
    • Marche, vélo et natation sont les activités d’endurance les plus conseillées à pratiquer.
    • Des exercices simples, pratiqués à domicile sont également très  bénéfiques.
  • Kinésithérapie
    • Elle joue un rôle fondamental et complémentaire dans le traitement de l'arthrose et participe au soulagement des douleurs et de la raideur.
    • Elle permet d’apprendre des mouvements à répéter chez soi ainsi que les postures à adopter et les gestes à éviter.
    • En cas d'intervention chirurgicale, elle participe aussi à une meilleure préparation, lors de certaines
  • Alimentation et perte de poids
    • Manger sainement et équilibré, sans carences protidiques est fondamental pour les muscles.
  • Cure thermale
    • Les bienfaits d’une cure thermale sont encore trop souvent méconnus.
    • Une étude menée par l’association française pour la recherche thermale (Afreth) a d'ailleurs montré une amélioration à 3, 6 puis 9 mois, tant au niveau des douleurs que de la capacité fonctionnelle.
    • La cure thermale permet aussi de diminuer sa consommation de médicaments l’année suivant la cure et améliore le confort de vie.
  • Acupuncture

Autres traitements

  • Injection d’acide hyaluronique : appelée aussi visco-supplémentation, l'injection d'acide hyaluronique dans l’articulation permet d’augmenter la viscosité de la synovie et par conséquent, de limiter les frottements des surfaces cartilagineuses. Sa tolérance est généralement bonne et sa durée d’action longue.
  • Lavage articulaire et injection locale de corticoïdes : l’infiltration de corticoïdes dans l’articulation à forte concentration peut être une solution notamment lors de d’une poussée inflammatoire. Ce geste est souvent précédé d’un lavage articulaire qui permet de débarrasser l’articulation des débris cartilagineux irritants.
  • Chirurgie : en cas d’échec des traitements précédents ou de gêne fonctionnelle trop importante, la chirurgie peut vous êtes proposée.
  • Arthroplastie : elle consiste à remplacer l’articulation malade par une articulation artificielle grâce à une prothèse et est essentiellement Indiquée pour la hanche ou le genou. Elle a un effet antalgique majeur et immédiat, néanmoins limité à une quinzaine d’années en moyenne. C'est une solution de dernier recours.

Bibliographie

  • Pérocheau D. et al. La douleur dans l’arthrose est-elle acceptable ? Douleurs 2014 ; 15 :160-167.
  • Sichère P. Douleur et arthrose : questions posées au Professeur Serge Perrot. Douleurs 2012 ; 13 : 189-192.
  • Thurel C. Le médecin généraliste face aux… douleurs de l’arthrose. Douleurs 2008 ; 9 : 311-314.
  • Sichère P. Questions posées au Dr Dominique Valade à propos des liens entre céphalées et cervicalgies. Douleurs 2007 ; 8 : 193-195.
  • Mazières B. Perocheau D. Dossier Arthrose 2005. Site internet de La Société Française de Rhumatologie (SFR).
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