mieux comprendre l'arthrose

L’arthrose est une maladie articulaire chronique liée à la dégradation progressive du cartilage sous l’effet de l’âge et à la formation d'ostéophytes (excroissances osseuses se formant autour des articulations).

Elle touche principalement la colonne vertébrale au niveau au niveau des vertèbres lombaires (bas du dos) et des vertèbres cervicales (cou).

Les doigts (arthrose digitale) ainsi que le genou (gonarthrose) et la hanche (coxarthrose) sont également fréquemment touchés.

La douleur est l’un des symptômes qui apparaît en premier.

  • Elle est de type mécanique et survient surtout l’articulation est sollicitée, en mouvement.
  • Par exemple, lors de la marche ou d’un changement de position, à la montée ou à la descente des escaliers…
  • Absente le matin au réveil, la douleur augmente progressivement au cours de la journée pour devenir maximale le soir et est soulagée avec le repos.
  • Elle peut également être la source de réveils durant la nuit ou ralentir l'endormissement.

 

Une certaine raideur peut se manifester au niveau de l’articulation, notamment après un moment de repos.

  • Le matin au réveil, l’articulation peut être raide et aura besoin d’un “dérouillage“ durant quelques minutes…
     

L’arthrose peut provoquer des épisodes inflammatoires au sein de l’articulation qui apparaît sous forme de “crises“.

  • L’articulation sera plus douloureuse et pourra être rouge et gonflée.
  • La douleur peut vous réveiller la nuit, la raideur matinale est plus importante et le temps passé à “dérouiller“ l’articulation plus long.
  • Ces épisodes sont transitoires et correspondent à la destruction des fragments de cartilage qui se sont détachés dans l’articulation. Ils doivent néanmoins vous inciter à aller consulter votre médecin qui pourra adapter votre traitement.

 

L’arthrose peut aussi entraîner des déformations des articulations, notamment lorsqu’elle se situe au niveau des doigts ou des pieds.

 

Le diagnostic est posé grâce à l’interrogatoire et à l’examen clinique et sera confirmé par des examens complémentaires simples comme la radiographie standard qui permet d’identifier les principales caractéristiques de l'arthrose : diminution de la quantité du cartilage associée à de l'ostéosclérose (durcissement de l'os immédiatement sous le cartilage, image blanchie à la radio), ostéophytes (excroissances osseuses à la radio) et géodes (petits trous de faiblesse dans l'os sous le cartilage visibles en radio).

Le recours à des examens plus sophistiqués tels que le scanner ou l’IRM peut être utile dans les cas débutants, chez les personnes jeunes ou lorsqu'on recherche des atteintes associées.
 

d'où vient ma douleur ?

Pour ressentir la sensation de douleur, il faut que notre cerveau soit informé que "ça fait mal quelque part".
Cela nécessite que les messages des terminaisons nerveuses circulent le long des nerfs qui vont de la moelle épinière et jusqu’au cerveau.

Or, le cartilage n'est pas innervé : il ne contient pas de terminaison nerveuse. Donc a priori, l’arthrose, maladie du cartilage, ne devrait pas être douloureuse…

Et pourtant elle l’est bel et bien !

Il existe 2 théories pour expliquer la douleur de la personne arthrosique :

  • La douleur vient de la souffrance des tissus de voisinage qui sont, eux, largement innervés et notamment la membrane synoviale, l'os situé sous le cartilage, les ligaments et/ou les tendons
  • Elle vient du cartilage en raison de l'apparition de terminaisons nerveuses dès lors que le cartilage devient malade. Le terme technique est néo-neuro-genèse (genèse = fabrication, neuro = nerf, néo = nouvelle).

 

quels sont les facteurs de risque ?

Les positions ou actions répétées fréquemment dans le cadre de son activité professionnelle peuvent créer des lésions microscopiques qui fragilisent les articulations et être à l’origine d’arthrose.

  • Personnes exposées durant leur activité professionnelle à des chocs fréquents ou des vibrations mécaniques.
  • Personnes travaillant sur les chantiers avec un marteau-piqueur par exemple.
  • Couturières ou pianistes répétant continuellement les mêmes gestes.
  • Personnes travaillant fréquemment à genoux comme les carreleurs.
  • Personnes avec des séquelles de traumatismes articulaires, fréquents dans les activités sportives et de loisir (haltérophilie, rugby…)

Les traumatismes articulaires 

  • Les entorses graves ainsi que les fractures articulaires, plus particulièrement celles touchant le ligament croisé du genou, sont souvent à l’origine d’une arthrose.
  • Par ailleurs, l’ablation totale d’un ménisque du genou est une fois sur deux à l’origine d’une arthrose dont les premières manifestations apparaissant une dizaine voire une vingtaine d’années plus tard.

La surcharge pondérale

  • L'obésité est à la fois un facteur d'apparition et d'aggravation de l’arthrose principalement au niveau des genoux et des hanches.
  • Plus le poids est excessif, plus le risque de présenter une arthrose du genou est important.

L'âge  

  • Si on note une augmentation de la fréquence de l'arthrose avec l’âge, l’arthrose ne peut être considéré comme un mécanisme normal de vieillissement.
  • C’est une pathologie à part entière et on peut parfaitement vieillir sans avoir de l’arthrose ou au contraire, en souffrir tout en étant relativement jeune !

La ménopause

  • Les hormones sexuelles sont suspectées d'être à l'origine du phénomène.
  • Toutefois, à l'heure actuelle, aucun des traitements hormonaux de substitution mis en place après la ménopause n'a pu prévenir efficacement l'arthrose.

Les antécédents familiaux

  • Des facteurs héréditaires semblent tenir une place dans l'apparition de l'arthrose. 
  • Plusieurs études épidémiologiques ont montré qu’il existe un caractère héréditaire pour l'arthrose digitale (des doigts) et la gonarthrose (arthrose du genou).
  • Une femme a, par exemple, plus de risques de souffrir d'arthrose des doigts si sa mère ou une de ses tantes (du côté paternel ou maternel) en ont développé une.
  • Des recherches génétiques ont également détecté, dans quelques familles, des anomalies touchant les gènes impliqués dans la synthèse des constituants du cartilage.

Les anomalies anatomiques 

  • Certaines déformations des membres et/ou des anomalies du squelette sont des causes possibles d'arthrose.
  • Il en va notamment ainsi de la luxation congénitale de la hanche, qui doit être recherchée de manière systématique dès la naissance. 
  • Certaines personnes présentent une anomalie du squelette qui modifie la répartition des pressions au sein de l’articulation créant des zones d'hyperpression à l'origine d'arthrose.
  • C’est le cas notamment chez les patients présentant un genu varum  (déformation fréquente dans laquelle les deux genoux s'écartent l'un de l'autre, jambes en "O"), un genu valgum (les genoux se rapprochent l'un de l'autre, jambes en "X") ou encore une luxation congénitale de hanche. 

 

comment évolue l’arthrose ?

Il est impossible de prévoir l'évolution de l'arthrose qui peut selon les patients :

  • se dérouler très lentement, sur quelques dizaines d'années
  • se faire très vite : le cartilage peut parfois disparaître en seulement un ou deux ans
  • s'étendre sur une période plus ou moins importante, parsemée de crises d'arthrose (crises douloureuses aigües) ou de "poussées inflammatoires". Durant ces périodes douloureuses, le cartilage se dégrade plus rapidement.

Cependant, la surveillance par radiographie des lésions n'en reste pas moins très utile, en particulier suite à une crise d'arthrose douloureuse : cet examen est alors un précieux outil d'évaluation de la perte cartilagineuse, déterminée en fonction de l'importance du pincement de l'articulation. 

La manière la plus efficace de prévenir la perte du cartilage est de repérer très vite la crise d'arthrose pour la traiter rapidement.

mieux vivre avec l’arthrose 

Le traitement de l’arthrose repose essentiellement sur un traitement médicamenteux pour soulager vos douleurs et améliorer le fonctionnement de votre articulation combiné à des mesures hygiéno-diététiques pour ralentir la progression de la maladie.

Les médicaments

  • Antalgiques et AINS

Ce sont les médicaments de choix utilisés essentiellement pendant la phase aigue pour calmer la douleur.

Même si son efficacité est modérée, le paracétamol est l’antalgique (anti-douleur) de référence.

En cas de soulagement insuffisant, et surtout si vous présentez des signes inflammatoires (douleurs qui surviennent la nuit, gonflement, rougeur...),  les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent être utiles, seuls ou en association.  

L’inconvénient de ces médicaments est qu’ils peuvent être responsables d’effets secondaires de type digestifs ou des réactions cutanées allergiques. 

Ces AINS existent aussi sous forme de gel ou de pommade pour une application locale sur la zone concernée (genou par exemple).

En cas de douleurs plus fortes, les antalgiques de palier 2 à base d’opioïdes à base de tramadol ou de codéine sont une bonne alternative. Ils peuvent cependant provoquer des effets secondaires de type somnolence, des nausées ou des vertiges.

Plus rarement prescrits, les antalgiques de palier 3 prescrits sont, à faibles doses, utiles dans les arthroses invalidantes inopérables de la personne âgée.

 

  • Anti-arthrosiques symptomatiques d’action lente ou AASAL

Appelés ainsi parce que leur action apparaît après plusieurs semaines de traitement, ce sont des médicaments à base de glucosamine, chondroïtine, diacerhéïne ou insaponifiables d’huiles d’avocat et de soja.

Ils permettent de limiter les poussées douloureuses et d’améliorer la qualité de vie.

Ils ne sont cependant plus remboursés car plus recoommandés par l’HAS.

Phytothérapie

L’Ortie, la prêle, le cassis, l’arnica ont des propriétés anti-inflammatoires et/ou revitalisantes et peuvent participer au soulagement de votre douleur.

 

Hygiène de vie

Pour limiter la progression de votre  maladie et soulager vos douleurs, on vous recommande de :

Pratiquer de l'activité physique

  • Eviter de se mettre au repos et rester assis chez soi !
  • Ces situations risquent d’enraidir les articulations.
  • D’autre part, moins on bouge et plus l’articulation se fragilise et devient instable, dégradant ainsi le cartilage.
  • Même si des douleurs de fond sont présentes, avoir une activité générale régulière permet d’améliorer l'environnement de l’articulation et de renforcer les muscles et les tendons qui entourent l’articulation.
  • Marche, vélo et natation sont les activités d’endurance les plus conseillées à pratiquer à un rythme minimal de deux fois par semaine selon les conseils de son médecin.
  • Des exercices simples, chez vous à la maison, notamment les exercices d’amplitude des mouvements et d’assouplissement et les exercices de renforcement musculaire sont également très  bénéfiques.

 

La Kinésithérapie

Elle ne remplace par les traitements symptomatiques mais elle joue un rôle fondamental et complémentaire dans le traitement de l'arthrose.

Les séances de kinésithérapie peuvent notamment aider à récupérer partiellement une certaine mobilité de l'articulation touchée par l'arthrose en récupérant le maximum d'amplitude du mouvement de l'articulation atteinte par l'arthrose et de maintenir ou renforcer la musculation afin d'obtenir une stabilisation de l'articulation et de limiter les déformations.

Elles participent aussi à l'amélioration des douleurs et de la raideur car l'inactivité aggrave les symptômes de l'arthrose.

Les séances sont également l’occasion d’apprendre des mouvements à répéter ensuite chez soi ainsi que les postures à adopter et/ les ou gestes à éviter.

lors de certaines interventions chirurgicales dans l'arthrose du genou ou celle de la hanche, La kinésithérapie peut aussi participer à une meilleure préparation.

Lors de la rééducation post-opératoire, elle permet de développer les muscles quadriceps et les stabilisateurs du genou.

Alimentation et perte de poids

Grâce à une bonne hygiène alimentaire ou un régime, vous pouvez de cette manière diminuer le poids que portent vos articulations.

Manger sainement et équilibré, sans carences protidiques est fondamental pour les muscles.

D’autre part, afin de diminuer le poids que portent vos articulations, une surveillance de votre poids est nécessaire. On sait aussi que l’excès pondéral peut aggraver l’arthrose. La perte de quelques kilos, même deux ou trois suffit parfois à améliorer la récupération fonctionnelle et à soulager la douleur

Exercices au quotidien

De nombreux exercices, faciles à réaliser chez soi permettent d’améliorer les fonctions articulaires et de les aider à mieux supporter l’effort, en renforçant les muscles qui les entourent.

Si l’on souffre d’arthrose de la hanche, il faut effectuer régulièrement cet exercice qui consiste à s’asseoir sur une chaise haute, puis à mettre un pied sur un tabouret et balancer la jambe dans le vide de droite à gauche en faisant pivoter la hanche et refaire l’exercice 10 à 20 fois avec chaque jambe.

Quelque minutes chaque jour peuvent aider à renforcer l’arthrose des doigts. Il faut enrouler les doigts autour d’une balle en mousse, ou antistress, souple et serrer la fort puis relâcher et répéter l’exercice 5 à 10 fois avec chaque main en tenant dix secondes chaque fois.

L’important c’est de bien doser vos gestes afin d’économiser vos articulations. L’objectif étant de garder l’articulation en mouvement, sans trop forcer ni nier la douleur.

N’hésitez pas donc à chercher des aides pour faciliter votre activité au lieu de la bannir.

Vous pouvez par exemple utiliser un tabouret pour jardiner au lieu de rester accroupi, vous aider d'un caddie pour les courses plutôt que de porter des charges trop lourdes, vous aider de rampes ou de poignée de maintien dans la baignoire et les toilettes ou encore vous munir d'une canne pour faciliter la marche.

Cure thermale

Les bienfaits d’une cure thermale sont encore trop souvent méconnus.

Pourtant, une étude menée par l’association française pour la recherche thermale (Afreth) a montré une amélioration à 3, 6 puis 9 mois, tant au niveau des douleurs et de la capacité fonctionnelle. Une cure permet de prendre moins de médicaments et de soins l’année suivant la cure associée ainsi à un confort de vie amélioré.

 

Acupuncture

L’acupuncture peut également, dans certains cas, apporter une certaine aide.

 

Autres traitements

L’injection d’acide hyaluronique

Encore appellée aussi visco-supplémentation, l'injection d'acide hyaluronique dans l’articulation permet d’augmenter la viscosité de la synovie et par conséquent de limiter les frottements des surfaces cartilagineuses. Sa tolérance est généralement bonne et sa durée d’action longue.

Lavage articulaire et injection locale de corticoïdes

L’infiltration de corticoïdes dans l’articulation à forte concentration peut être une solution notamment lors de d’une poussée inflammatoire.

Ce geste est souvent précédé d’un lavage articulaire qui permet de débarrasser l’articulation des débris cartilagineux irritant.

 

La chirurgie 

En cas d’échec des traitements précédents ou de gêne fonctionnelle trop importante, la chirurgie peut vous êtes proposée.

Elle permet de retirer les débris de cartilage, de corriger les difformités osseuses ou encore de reconstruire une partie de l'articulation.

Une solution de dernier recours est l’arthroplastie.

Elle consiste à remplacer l’articulation malade par une articulation artificielle grâce à une prothèse (en métal ou en plastique).

Indiquée essentiellement pour la hanche ou le genou, elle a un effet antalgique majeur et immédiat mais néanmoins limité à une quinzaine d’années en moyenne.

 

bibliographie

  • Pérocheau D. et al. La douleur dans l’arthrose est-elle acceptable ? Douleurs 2014 ; 15 :160-167.
  • Sichère P. Douleur et arthrose : questions posées au Professeur Serge Perrot. Douleurs 2012 ; 13 : 189-192.
  • Thurel C. Le médecin généraliste face aux… douleurs de l’arthrose. Douleurs 2008 ; 9 : 311-314.
  • Sichère P. Questions posées au Dr Dominique Valade à propos des liens entre céphalées et cervicalgies. Douleurs 2007 ; 8 : 193-195.
  • Mazières B. Perocheau D. Dossier Arthrose 2005. Site internet de La Société Française de Rhumatologie (SFR).

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